L’obsession du pouvoir

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L’étymologie du mot pouvoir provient de posse en latin, il signifie « être capable de, avoir la force de » faire quelque chose, d’agir en vue d’atteindre un objectif. Appliqué au leadership, nous pouvons distinguer deux formes de pouvoir.

La première consiste en notre capacité à guider les autres vers une direction bien définie avec une vision claire du futur vers lequel nous souhaitons aller et une notion forte de responsabilité collective. Dans ce cas, le leader dégage une énergie puissante et accompagne les personnes à s’épanouir pour générer de l’énergie positive. Cette forme de pouvoir s’enracine dans l’autorité.

La deuxième forme de pouvoir consiste à contraindre les autres à agir contre leur propre volonté en leur faisant faire quelque chose qu’ils ne feraient pas d’eux-mêmes. Dans ce modèle, le leader exerce une pression de domination sur les autres et génère de l’énergie négative. Cette forme de pouvoir s’enracine dans l’agressivité, l’intimidation et le contrôle. Elle caractérise la recherche de la maîtrise absolue d’un sujet, d’un individu, d’une situation. Elle s’exprime généralement, sous stress, par l’excès de colère et la vengeance.
Les personnes qui cherchent à dominer ont inconsciemment peur d’être humilié par les autres car pour elles, il vaut mieux être craint qu’aimé. Elles ne montrent pas leur faiblesse et sont persuadées qu’elles n’ont peur de rien, confrontant en permanence les autres en leur imposant leur vision du monde. Elles sont impulsives, agissent avant de réfléchir à la situation et oublient de penser aux autres. Cette obsession du pouvoir conduit à la témérité, c’est-à-dire à la croyance selon laquelle nous sommes le seul, ou la seule, à être capable d’affronter les difficultés et à redresser les situations difficiles : « je suis plus fort que tous les autres réunis, j’ai raison contre tout le monde ». Cette forme de pouvoir génère naturellement une pensée et un modèle dictatoriaux. Il est relativement aisé de repérer les comportements des leaders qui imposent cette dimension négative du pouvoir car leurs attitudes s’accompagnent de menaces subtiles ou violentes : « il vaudrait mieux que tu penses et fasses comme moi autrement je te sanctionne ».
Dans son livre Power, Robert Greene définit 48 manières d’exercer son pouvoir. L’une des thèses majeures de son ouvrage exprime l’idée selon laquelle une façon d’agir mal (tuer, voler, trahir, flouer la loi) peut conduire à un bien nécessaire. De nombreux leaders estiment en effet que la transgression des lois et l’invention de nouvelles règles du jeu sont inévitables pour réussir. L’important est d’être fort, d’avoir du culot et le sens de la réparti. Il s’agit d’aller directement au but, sans détours. Intimider son entourage par la puissance de ses propos et développer une hostilité difficile à gérer par les autres font partie des comportements quotidiens des personnes qui sont obsédées par le pouvoir. La dimension inhérente à son mode de fonctionnement s’accompagne très souvent de la mauvaise foi, la facilité à dissimuler les informations importantes et la volonté de posséder l’autre, de manière à fusionner avec lui pour se l’accaparer pleinement. Le pouvoir consiste à créer un clan dont les membres se soutiennent les uns les autres pour devenir indestructibles. Le chef dirige ce clan avec fermeté. Tous ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui, ils deviennent une cible à abattre. Il est jaloux de tous ceux qu’il estime être plus forts que lui.

Dans le langage quotidien, nous confondons souvent pouvoir et autorité. Le mot auctoritas en latin signifie « augmenter, la capacité de faire grandir » les autres avec soi-même. Elle est l’antidote nécessaire à l’obsession du pouvoir. Si celle-ci consiste en effet à démontrer sa force pour détruire l’autre, l’autorité souligne au contraire la capacité à se mettre le plus gratuitement possible au service des autres en conduisant l’équipe avec détermination et respect des personnes. Le comportement d’autorité permet de développer un grand sens de la justice et de l’équité.
Dans son Journal, Cesare Pavese décrit parfaitement ce concept d’autorité en le reliant à la notion de l’amour : « tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse à l’autre sans qu’il s’en serve pour affirmer sa force ». L’obsession du pouvoir viendrait en ce sens du fait que les personnes qui y sont soumises ne se sentent reconnues que lorsqu’elles se montrent fortes. Elles ont en effet développé cette croyance selon laquelle se montrer faible face aux autres est dangereux. Sortir de l’obsession du pouvoir reviendrait ainsi à développer l’humilité nécessaire pour prendre le temps d’écouter pleinement ce que les autres ont à dire, retenir le meilleur de leurs propositions et remettre en question son propre point de vue en acceptant de ne pas avoir toujours raison. Cela appelle à la recherche de l’équilibre, à avoir des opinions moins tranchées et à essayer de mettre en place des relations plus harmonieuses dans sa vie de tous les jours. Ne serait-ce pas là la manière d’être bienveillant avec soi-même et les autres ?…

The Obsession of Power

The etymology of the word power comes from the Latin posse, it means « being capable of, having the strength to » do something, to act with the aim of reaching an objective. Applying this to leadership, we can distinguish two forms of power.

The first consists of our capacity to guide others on a well defined path with a clear vision of the future to which we want to go towards with a strong notion of collective responsibility. In this case, the leader emits powerful energy and empowers people to blossom and generate positive energy. This form of power is rooted in authority.

The second form of power consists in constraining others to act against their own will, making them do things that they would not do themselves. In this model, the leader exerts dominant pressure over others and in so doing generates negative energy. This form of power is rooted in aggressiveness, intimidation and control. It characterizes the search for absolute control of the subject, an individual, a situation. It is usually expressed under stress, by an excess of anger and through vengeance.
People who try to dominate are unconsciously afraid of being humiliated by others as it is better to be feared than loved. They hide their weaknesses and are convinced that they fear nothing, constantly confronting others by imposing their vision of the world. They are impulsive, act before thinking the situation through and forget thinking about others. This obsession of power leads to recklessness, meaning the belief by which we are alone or the only one capable of facing up to difficulties and righting difficult situations: « I’m stronger than everyone else put together, I’m right against everybody ». This form of power naturally generates a dictatorial model and mindset. It is relatively easy to spot these behavioral patterns in leaders which impose this negative dimension of power as their attitudes are often accompanied by subtle or violent threats: « it would be better that you think and do as I, otherwise…».
Robert Greene, in his book Power, defines 48 ways of exerting his power. One of the major theories of his work express an idea where by which a way to act badly (killing, stealing, betraying, breaking the law) may lead to a needed good. Indeed, numerous leaders esteem that the transgression of laws and the invention of new game rules are unavoidable to succeed. The importance is to be strong, to have nerve and a sense of the game. It is about going straight to ones goal, without having to go around. Intimidating ones entourage through the power of one’s words and developing hostility difficult to manage by others are just part of daily behavior practiced by those obsessed with power. The inherent dimension having its own way of working is often accompanied by bad-will, keeping back important information and the will to possess the other, by means of blending with the other with the aim of monopolizing them. The power consists of creating a clan wherein which all members support eachother, each and everyone, to become indestructible. The chief directs his clan with firmness. All who are not with him are against him and become in turn a target to destroy. He is jealous of all those who esteem themselves stronger than he.

In everyday language, we often confuse power with authority. Auctoritas coming from Latin means « increase the capacity to grow » others with self. It is the required antidote for, the obsession of power. Indeed, if this exists to demonstrate its strength to destroy the other, authority on the other hand highlights the capacity to serve as freely as possible others by leading the team with determination and respect. The behavior of authority allows the development of a great sense of justice and fairness.
Cesare Pavese describes perfectly in his diary this concept of authority relaying it to love: « you will be loved the day you can show your weaknesses to others without them taking advantage of this to show their force ». In this way, the obsession of power would come from people who, subject to this, do not feel recognized unless they show themselves as being strong. Indeed, they have developed this belief that showing weakness in front of others is dangerous. Getting out of this power obsession is about developing a sufficient level of humility to take the time to fully listen to what the others have to say, keeping the best of their suggestions and questioning one’s own point of view and accepting the fact that one cannot be right all the time. This calls for a search of balance, in having opinions less anchored and in trying to establish more harmonious relations in one’s everyday life. Wouldn’t this be the way to be more benevolent with oneself and others?…

L’ossessione del potere

L’etimologia del termine “potere” deriva dal verbo latino posse, che significa `essere capaci, avere la forza di … fare qualcosa`, di agire mirando a raggiungere un obiettivo. Applicandolo alla leadership, possiamo distinguere due forme di potere.
La prima consiste nella nostra capacità di guidare gli altri verso una direzione ben definita, con una visione chiara del futuro verso cui desideriamo dirigerci, facendo leva su un forte senso di responsabilità collettiva. In questo caso il leader sprigiona una potente energia e accompagna le persone ad espandersi e a generare energia positiva. Questa forma di potere è radicata nel concetto di autorità.
La seconda forma di potere consiste nel costringere gli altri ad agire secondo la propria volontà, facendogli fare qualcosa che non farebbero volontariamente. In questo modello, il leader esercita una pressione e un dominio e genera energia negativa. Questa forma di potere è radicata nell’aggressività, l’intimidazione e il controllo. In questo modo si cerca il dominio assoluto di un soggetto, di un individuo o di una situazione. Sotto stress, si esprime attraverso un eccesso di collera o vendetta.
Le persone che cercano di dominare hanno una paura inconscia di essere umiliate dagli altri, per cui trovano preferibile essere temuti che amati. Non mostrano le loro debolezze e sono persuasi che non hanno paura di niente. Si confrontano di continuo con gli altri imponendo la loro visione del mondo. Sono molto impulsive, agiscono prima di riflettere sulla situazione e dimenticano di pensare agli altri. Questa ossessione del potere conduce alla temerarietà, cioè a quella credenza secondo la quale siamo il solo, o la sola capace di affrontare le difficoltà e di sistemare le situazioni difficili: “ sono il più forte di tutti, ho ragione contro tutti”. Questa forma di potere genera naturalmente un pensiero e un modello dittatoriale. Non è molto semplice far fronte a questo tipo di atteggiamento da parte dei leader che impongono questa dimensione negativa del potere, perché la loro attitudine è accompagnata spesso da una minaccia, sottile o palese: “sarà meglio che fai come ti dico io, altrimenti…”
Nel suo libro Power, Robert Green definisce 48 modi di esercitare il potere, una delle maggiori tesi della sua opera esprime l’idea secondo cui si possa sostenere che un modo di agire malevolo (uccidere, rubare, tradire, non rispettare la legge) possa condurre ad un bene necessario. Molti leader infatti trovano che trasgredire una legge o escogitare, per così dire, nuove regole a proprio vantaggio, sia inevitabile per raggiungere lo scopo. La cosa importante è dimostrare di essere forti, avere la faccia tosta, avere sempre l’ultima parola.
Si tratta di andare direttamente al punto, senza indietreggiare, intimidire chi li circonda con la potenza dei propri propositi e sviluppare un’ostilità difficile da gestire per gli altri; questi sono comportamenti abituali per chi è ossessionato dal potere. Questo tipo di funzionamento si accompagna spesso alla malafede, la facilità a dissimulare le informazioni importanti e la volontà di possedere l’altro, per poter manipolare l’altro e monopolizzarlo completamente. Il potere consiste nel creare un gruppo in cui i membri si sostengano vicendevolmente diventando indistruttibili. Il capo dirige questo gruppo con fermezza. Chi non è con lui è contro di lui, diventa un bersaglio da abbattere. È geloso di tutti coloro che credono di essere più forti di lui.
Nel linguaggio quotidiano, confondiamo spesso potere e autorità, la parola auctoritas in latino designa la capacità di rendere più grande qualcosa, di far crescere gli altri con sé. È l’antidoto necessario all’ossessione del potere. Se quest’ultimo consiste infatti in una dimostrazione di forza per distruggere l’altro, l’autorità sottolinea al contrario la capacità di mettersi al servizio dell’altro, conducendo il gruppo con determinazione e rispetto delle persone. Un comportamento autorevole permette di sviluppare un grande senso di giustizia ed equità. Nella sua opera `Il mestiere di vivere. Diario 1935-1950`, Cesare Pavese descrive perfettamente questo concetto di autorità legandolo alla nozione di amore: “Tu sarai amato il giorno in cui potrai mostrare la tua debolezza, senza che l’altro se ne serva per affermare la sua forza” .
Le persone che hanno l’ossessione del potere si sentono riconosciute solo nel momento in cui sono forti. Hanno infatti sviluppato la percezione secondo cui mostrarsi deboli agli altri sia pericoloso. Per uscire da questa ossessione occorre sviluppare l’umiltà necessaria per prendere il tempo di ascoltare completamente quello che gli altri hanno da dire, porsi come obiettivo quello di mettere in discussione il proprio punto di vista, accettando di non aver sempre ragione, ciò presuppone una ricerca di equilibrio, cercare di avere delle opinioni meno rigide e di conseguenza relazioni più armoniose nella vita di tutti i giorni. Non sarebbe questo, forse, il modo di essere benevolo con se stessi e nei confronti degli altri?…

Une réflexion au sujet de « L’obsession du pouvoir »

  1. Joelle Darricau

    Merci pour ce bel article car souvent l’amalgame de mots tel que autorité donne une vision erronée pour un management conçu avec des notions de partage et d’avancer ensemble dans une interdépendance des uns et des autres …;

    Répondre

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