Volkswagen, la voiture du peuple ou le scandale allemand ?

Par Emmanuel Toniutti

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Selon la presse allemande, la tricherie qui aurait été conçue il y a plus de huit ans aurait été connue de nombreux dirigeants de l’entreprise. Et oui même les allemands, que nous savons disciplinés, sérieux, respectueux de l’ordre et des procédures, ne sont pas infaillibles. Jusque-là Volkswagen, c’était « Das Auto ».

Des tests anti-pollution truqués pour vendre plus de voitures ! Un fournisseur, Bosch, qui aurait fourni le logiciel pour des essais et aurait averti des risques de tricherie encourus par son utilisation ! Onze millions de véhicules concernés, vingt-neuf milliards de dollars de perte de valeur en bourse en dix jours et dix-huit milliards de dollars de dommages et intérêts potentiels à payer aux USA, voilà ce que pourrait coûter cette petite folie non éthique. Un bel exemple qui exprime comment une stratégie court terme obsédée par l’argent peut ruiner une réputation et une action sur son marché en très peu de temps.

Mais qui est responsable ? La pensée néolibérale ambiante qui a soumis le marché à la dictature de la création de valeur actionnariale depuis le début des années 1980 ? Des dirigeants esclaves des exigences des actionnaires, des fonds d’investissement et des fonds de pension ? Des décideurs dans l’incapacité d’exercer leur liberté de conscience dans la prise de décision ? Pourtant le cadre de référence de Volkswagen est clair : trois piliers (responsable, tournée client, performance) et cinq valeurs (respect, convivialité, engagement, créativité, simplicité). Celui-ci définit consciencieusement la culture de l’entreprise Volkswagen mais n’a pourtant pas empêché l’erreur fatale. Cela nous rappelle d’autres cas de la même espèce : Enron, Andersen, Lehman Brothers, UBS, Wegelin, Parmalat, Siemens, Nike, Apple…et tant d’autres.

Je retiens deux leçons du cas Volkswagen. La première, l’être humain est un animal en danger de mort permanente ; sous pression, l’angoisse inconsciente active naturellement son inconscient reptilien et sa peur de manquer. Il a dans ce cas une tendance naturelle à vouloir accumuler car cela le rassure. L’argent devient alors une obsession qui a pour objectif de le protéger de l’angoisse de mourir. Tous les moyens sont bons pour survivre. La deuxième, l’exercice de la responsabilité n’est pas naturel. Il ne suffit pas de définir un cadre de référence vertueux encore faut-il que les dirigeants et les managers s’entraînent continuellement à le mettre en pratique dans leurs décisions et leurs plans d’action. Sans cette phase d’entraînement en amont, les piliers et les valeurs sont de belles paroles inscrites dans le marbre du hall du siège social de l’entreprise et restent lettre morte.

Nous, les êtres humains, sommes tous faillibles, nous ne sommes pas des êtres parfaits. Mais sous stress nous croyons tous par vanité, cupidité et orgueil, que l’argent peut nous sauver de la mort. Au contraire, l’argent nous éloigne de nous-mêmes, son obsession nous conduit à imaginer ce que nous ne sommes pas, des petits dieux immortels. Nous nous mentons à nous-mêmes, l’argent ne nous sauve pas. S’il peut durant un temps nous illusionner sur notre destin, il repousse l’échéance jusqu’au jour où notre vie nous convoque devant la vérité de ce que nous sommes : rien. Comme le dit l’évangile de Jean, nous sommes tous égaux, « le maître n’est pas plus grand que le serviteur, le serviteur pas plus grand que le maître ».

Le scandale Volkswagen n’est que la suite d’une répétition de cas qui se sont déjà produits et d’une autre suite de cas à venir si nous ne prenons pas en considération le fait que la mise en pratique des valeurs dans l’entreprise n’est pas naturel. Nous pouvons en faire un outil de leadership à cette seule condition de nous entraîner, à travers la simulation de cas de crises potentielles, à les mettre en œuvre du mieux que nous pouvons pour le bien commun de l’entreprise et du monde dans lequel nous vivons.

Sommes-nous victimes de mensonge et de manipulation ou pouvons-nous croire à un vrai changement pour le futur ? Les grandes entreprises se soucient-elles vraiment de la pollution et du réchauffement climatique ou s’intéressent-elles seulement à leur intérêt financier égoïste immédiat ? N’y-aurait-il pas maintenant urgence à réagir pour développer une autre vision dans le monde des affaires ?

 

Volkswagen, the people’s car or a German scandal?

According to the German press the cheating that had been committed more than 8 years ago would have been known to many of its company executives. And yes even the Germans that we know of as being disciplined, serious, respectful of order and procedures are not infallible. Up until now, Volkswagen was « Das Auto ».

 

Faked pollution tests to sell more cars! A supplier, Bosch, which would have provided the software for testing and had warned of the risks of cheating in its use! Eleven million vehicles concerned, twenty-nine billion dollars in stock market value loss in ten days and eighteen billion dollars in potential damages and interest to pay in the US, this is what this little unethical madness could cost. A great example that shows us just how a short-term strategy of being obsessed with money can ruin a reputation and market share, all in a very short time.

But who is responsible? Is it the reigning neoliberal thinking that has submitted the market to the dictatorship of the creation of shareholder value since the early 1980s? Leaders enslaved to the demands and requirements of shareholders, investment and pension funds? Leaders unable to exercise their freedom of conscience in their decision making? Yet the Volkswagen mission framework is clear: three pillars (responsible, customer rounds and performance) and five values (respect, friendliness, commitment, creativity and simplicity). This carefully defines the culture of the Volkswagen company, but did not prevent the fatal error. This reminds us of other cases of the same sort: Enron, Andersen, Lehman Brothers, UBS, Wegelin, Parmalat, Siemens, Nike, Apple and many more…

I draw two lessons from the Volkswagen case. The first, the human being is an animal in danger of permanent death; under pressure, the unconscious anxiety which naturally activates his reptilian unconscious and his fear of missing out. It has in this case a natural tendency to accumulate as it reassures. Money becomes an obsession that aims to protect from the anguish of death. All means are good to survive. The second, the exercise of responsibility is not natural. It is not enough to define a virtuous framework. Leaders and managers need continually to be trained to put it into practice in their decisions and action plans. Without an upstream training phase, pillars and values are fine words inscribed in the marble of company lobbies and head office receptions, that lay unheeded.

We human beings are all fallible, we are not perfect. But under stress we all believe in vanity, greed and pride that money can save us from death. Instead, the money takes us away from ourselves, its obsession leads us to imagine what we are not, little immortal gods. We lie to ourselves, money cannot save us. If it can for a time deceive us about our fate, it pushes the deadline of our calling, when our life calls us to the truth of what we are: nothing. In the words of John’s Gospel, we are all equal, « the master is not greater than the servant, the servant not greater than the master. »

The Volkswagen scandal is only the result of a repetition of cases that have already occurred and another series of those to come if we do not take into account the fact that the implementation of values ​​in the company is not natural. We can make of this a leadership tool on the sole condition of training us, through the simulation of cases of potential crises, to implement these values as best we can for the common good of the company and the world we live in.

Are we victims of lies and manipulation, or can we believe in real change for the future? Large companies do they really care about pollution and global warming, or are they only interested in their immediate selfish financial gain? As of today, is there no urgency to act now to develop another vision of the business world?

 

 

 

Volkswagen, la macchina del popolo oppure lo scandalo tedesco?

Secondo la stampa tedesca, questa truffa sarebbe stata progettata più di otto anni fa, e ne sarebbero stati a conoscenza numerosi dirigenti d’impresa. Ebbene sì, anche i tedeschi, che conosciamo come disciplinati, seri, rispettosi dell’ordine e delle procedure, non sono infallibili. Fino a questo momento Volkswagen, era “Das Auto”.

Dei test anti inquinamento truccati per vendere più automobili! Un fornitore, Bosch, avrebbe fornito il software per le prove e avrebbe avvertito dei rischi possibili di incorrere nel reato di frode attraverso il suo utilizzo. Undici milioni di veicoli interessati, ventinove miliardi di dollari di perdita di valore in borsa in dieci giorni e diciotto miliardi di dollari in danni e interessi potenziali da pagare agli Stati Uniti, ecco cosa potrebbe costare questa piccola follia non etica. Un bell’esempio che mostra chiaramente come una strategia a breve termine ossessionata dal denaro possa rovinare una reputazione e le quote in borsa di un’azienda in pochissimo tempo.

Ma chi è responsabile ? L’attuale ideologia neoliberale, che ha sottomesso il mercato alla dittatura della creazione di valore azionario a partire dagli inizi degli anni ’80? I dirigenti schiavi delle esigenze degli azionisti, dei fondi di investimento e dei fondi pensione? I politici incapaci di esercitare la loro libertà di coscienza nella presa di decisione? In ogni caso, il quadro di riferimento di Volkswagen è chiaro: tre pilastri (strategia responsabile, tale strategia è orientata alla soddisfazione del cliente, ed è efficace) e cinque valori (rispetto, convivialità, impegno, creatività, semplicità). Tutto ciò definisce consapevolmente la cultura d’impresa Volkswagen ma non ha tuttavia impedito l’errore fatale. Questo episodio ci ricorda altri casi dello stesso tipo: Enron, Andersen, Lehman Brothers, UBS, Wegelin, Parmalat, Siemens, Nike, Apple…e molti altri.

Possiamo imparare due lezioni dalla vicenda Volkswagen. La prima, l’essere umano è un animale e si sente perennemente in pericolo di morte; sotto pressione, l’angoscia incosciente viene attivata naturalmente dal cervello rettile, e fa emergere la paura di perdere. In questi casi, c’è una tendenza naturale a voler accumulare, nel tentativo di sentirsi rassicurati. Il denaro diventa allora un’ossessione che ha come obiettivo quello di proteggerci dall’angoscia di morire. Ogni mezzo è buono per sopravvivere. La seconda lezione consiste nell’ennesima conferma che l’esercizio della responsabilità non è affatto naturale. Non è sufficiente definire un quadro di riferimento virtuoso, è necessario che dirigenti e manager si allenino di continuo a metterlo in pratica nelle loro decisioni e piani di azione. Senza questa fase di esercitazione a monte, pilastri e valori non sono nient’altro che belle parole, esposte talvolta sui muri d’ingresso delle sedi sociali delle aziende e restano lettera morta.

Noi, esseri umani, siamo tutti fallibili, non siamo esseri perfetti. Tuttavia, quando siamo sotto stress, crediamo tutti, per vanità, per cupidigia e orgoglio, che il denaro possa salvarci dalla morte. Al contrario, il denaro ci allontana da noi stessi, la sua ossessione ci conduce a immaginare ciò che non siamo, piccoli dei immortali. Mentiamo a noi stessi, il denaro non ci salverà. Forse può, per un certo periodo, illuderci a proposito del nostro destino, esso può semplicemente rimandare il momento in cui nella nostra vita saremo convocati di fronte alla verità di ciò che siamo: nulla. Come recita il Vangelo di Giovanni, siamo tutti uguali, “il maestro non è più grande del servo, il servo non è più grande del maestro”. Lo scandalo Volkswagen, non è che il risultato di una ripetizione di situazioni che si sono già verificate, e altre ancora ne verranno se noi non iniziamo a prendere in considerazione il fatto che la messa in pratica dei valori dell’impresa non è naturale. Tali valori, possono rappresentare uno strumento di leadership alla sola condizione di allenarci, attraverso la simulazione di casi di crisi potenziali, a metterli in opera facendo del nostro meglio per il bene comune dell’impresa e per il mondo in cui viviamo.

Siamo vittime della menzogna e della manipolazione o possiamo credere ad un vero cambiamento per il futuro ? Le grandi imprese si preoccupano veramente dell’inquinamento e del riscaldamento globale o si interessano solo al proprio interesse finanziario egoista e immediato ? Non ci sarebbe a questo punto un’urgenza a reagire per sviluppare un’altra visione nel mondo degli affari ?

 

6 réflexions au sujet de « Volkswagen, la voiture du peuple ou le scandale allemand ? »

  1. Henri Meskens

    I think there is a more important aspect than money, namely power.
    The people of VW who knew fraud are likely to hit the top by using their power and rule over others 100%. They are animals in a herd and desire to be the leader because power means some may be more certainty in life.

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  2. Terry Momtaz-Petralli

    Manca totalmente nel nostro sistema la chiave della gestione di cui l’umanità avrebbe bisogno e questa sarebbe
    L’EDUCAZIONE AI VALORI.
    Quali valori : Ascoltare – Parlare – Incontrarsi – Capirsi – Comunicare. Sedersi sulla sedia dell’altro x coinvolgere l’altro. Chi è l’altro in questo caso ? Colui che voleva comperare un’auto diversa che avrebbe dovuto rispondere ai bisogni del pianeta. Questi signori hanno tradito i loro clienti e il pianeta stesso oltre naturalmente i loro azionisti.
    In realtà non hanno capito nulla del cambiamento che è in atto nell’umanità, dove una gran parte di essa è pronta al cambiamento e ha capito i bisogni primari esistenti e sono questi signori che sono stati traditi. Cosa fare oggi con un auto che non è quella che volevi comperare e che ti ritrovi a dover guidare tuo malgrado. ! CHIEDERE IL RIMBORSO TOTALE DELL’IMPORTO PAGATO AL MOMENTO DELL’ACQUISTO PER ACQUSITARE UN’ALTRA AUTO CHE RIFLETTA IL DESIDERIO di voler essere diverso, il desiderio di voler rispettare il prossimo e le sette generazioni future.
    Il silenzio e l’omertà sono purtroppo due colonne che gestiscono gli affari del mondo.

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  3. Ping : Volkswagen, voiture du peuple ou scandale allemand ?

  4. gianandrea

    Purtroppo in VW hanno mantenuto un atteggiamento che è tipico di chi si sente « superiore « , da anni si sapeva nella catena industriale che quel tipo di motore a gasolio non avrebbe superato le normative europee ma la mentalità direi ottusa …..non ha voluto sentire ragioni, arrivati alla fine hanno capito che cambiare avrebbe avuto dei costi enormi e avrebbero dato ragione a quanti avevano cercato di modificare quanto era in produzione e progettazione , allora la cosa piu’ economica è stata quella di imbrogliare creando ad hoc un sistema semplice e poco costoso che ha reso molti denari ma alla fine ha demolito l’immagine di un intero paese……e definitivamente compromesso il rapporto di fiducia con la clientela .

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  5. Junod Christian

    Merci pour cet article très intéressant. En tant que spécialiste de la relation à l’argent animant de nombreux ateliers et conférences sur ce thème, je suis sensible à votre réflexion (en plus, j’ai travaillé à UBS jusqu’en 2009!). Moi-même,je projetais ma sécurité sur l’argent et j’ai du me rendre à l’évidence qu’aucune somme ne suffisait car la sécurité ne se monnaye pas mais se trouve en soi. Je n’ai malheureusement pas ces grands directeurs dans mes ateliers et j’ai l’intuition qu’ils projettent le pouvoir sur l’argent. Manquant de pouvoir personnel (prendre des décisions et faire ce qui est bon pour soi) comme moi, je manquais de sécurité intérieure, ils essayent de compenser cela par l’argent. Et là aussi, c’est un « combat » perdu d’avance car ça sera une course sans fin.
    Il y aurait encore beaucoup à écrire sur ce thème mais m’arrête là!

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  6. Claire Farrugia

    Je vous remercie pour votre article. J’ajouterais que ces dirigeants ne sont pas « esclaves » des actionnaires. Ils sont eux même actionnaires et donc pleinement acteurs de cette gestion court terme de l’entreprise. Cette stratégie semble oublier la pérennité de l’entreprise. Ce n’est pas l’objectif car tout comme les spéculateurs, ces dirigeants ont l’objectif de maximiser leur profit personnel durant le court temps qu’ils resteront aux manettes. Je ne vois pas du tout de stratégie industrielle, d’investissement, de culture d’entreprise. On essaie de nous faire croire que cette tromperie n’est la responsabilité que d’un petit groupe de salariés mal intentionnés. On se croirait en Russie avec la tricherie des JO où seuls les sportifs seraient les tricheurs. Les sportifs comme les salariés sont jetables. Il y en a tant d’autres qui attendent pour les remplacer. Ce sont juste des « coûts ». Mais peut-être que la perte de chiffre d’affaires future et les amendes de VW seront inférieures au cash amassé avec cette tromperie. « Seront ». Souhaitons le pour l’entreprise (si ce cash a été réinvesti dans l’entreprise(?)) et tant pis pour la considération écologique. Tant que l’on peut, riche et avec le mensonge, se regarder devant la glace. Un « leadership » bien particulier. Une croissance économique bien peu glorieuse et peu stable. Pas de parallèle avec la compétition sportive ou bien alors ajoutons le dopage aux valeurs collectives. Vivre l’instant présent, seul, assis sur sa cassette, hors du temps.
    Bien cordialement.

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