Archives de l’auteur : Emmanuel Toniutti

A propos Emmanuel Toniutti

Entrepreneur, professeur Docteur (Ph.D.) en théologie de l'Université Laval de Québec (Canada). Entraîneur de Conseil d'Administration et de Comités Exécutifs. Spécialiste de l'éthique et des comportements de leadership, d'entrepreneurship et de gestions de crises, enseigne le leadership éthique et responsable à Executive Education HEC Paris. @EToniutti

2019 – Homo sum

English version below – Versione italiane sotto

Homo sum, humani nihil a me alienum puto, je suis un Homme, rien de ce qui est humain m’est étranger. (Publius Terentius Afer dit Terence).

Lors des dernières fêtes de fin d’année, je me suis retrouvé dans un contexte imprévu qui fut, je dois le dire, un moment fort d’humanité et aussi un instant de partage inédit glaçant. J’ai été invité à déjeuner à une table d’européens qui faisaient partie des cinquante pour cent de la population qui gagne moins de la moyenne mensuelle du salaire européen, soient 1850 €. Certains ne dépassaient pas les 750 € par mois. Il y avait parmi eux deux français, mais aucun d’entre eux ne s’est revendiqué comme un gilet jaune.

Je les ai écoutés attentivement et longuement. C’est une situation qui demande de se taire plutôt que de faire de grands discours sur l’éthique ou l’amour, comme c’est mon habitude auprès des dirigeants avec lesquels je travaille. D’autant plus que leur générosité, autour des agapes, était impressionnante. Bien plus élevée que ne pouvait l’être ma propre générosité d’ailleurs.

J’en avais l’intuition depuis longtemps, mais la compréhension que j’avais de la situation avait seulement atteint ma tête et non pas mon cœur. Leurs gestes, leurs attitudes me firent instinctivement comprendre qu’ils savaient mieux que quiconque ce qu’est la fraternité. Ils n’avaient rien à perdre donc ils donnaient naturellement. Cela m’a tout de suite rappelé la célèbre maxime de Terence, Homo sum…, le père de l’humanisme, qui fut complétée par celle de Cicéron qui lui donna ses lettres définitives de noblesse à travers le concept de humanitas : « la solidarité vient du fait qu’un être humain ne peut pas être étranger à un autre être humain du fait qu’il est un être humain ». Nous étions frères et sœurs en humanité, nous provenions du même fondement, nous étions unis au-delà de nos catégories sociales. J’ai entendu la colère contre les politiques, j’ai entendu le bruit sourd de rage qui vient sans se dire, par pudeur, mais qui prépare une révolte invisible…j’ai entendu leur dialogue sur les inégalités, j’ai entendu leur refus de l’Europe, j’ai entendu leur dégoût, leur désespoir mais aussi la solidarité qui les animait toutes et tous dans un élan de survie d’humanité qui les soutient.

Pour 2019, je ne souhaite au fond qu’une chose, c’est que chacune et chacun de nous, qui sommes plus privilégiés que d’autres, prenions encore un peu plus conscience que l’humanisme, l’éthique, la fraternité ne sont pas des mots à la mode pour avoir de beaux slogans politiques, pour faire jolie dans les médias et dans les rapports financiers des entreprises mais bien plus…ils nous offrent la possibilité d’incarner, dans des gestes simples quotidiens, une éthique de l’action au service de ceux qui en ont le plus besoin. Nous n’en serons que plus humains.

À découvrir, le Mouvement international des Entrepreneurs Humanistes www.entrepreneurs-humanistes.com

 

Résultat de recherche d'images pour "drapeau anglais"

Homo sum, humani nihil a me alienum puto, I am a man, nothing that is human is foreign to me. (Publius Terentius Afer dit Terence).

During these last end of year festivities, I found myself in a totally unforeseen circumstance which was, I must say, a moment of strong humanity and also a strikingly new experience of sharing. I was invited to lunch at a table of Europeans who were part of the fifty percent of the population who earn less than the monthly average of the European salary, that being 1850 €. Some of which did not exceed 750 € per month. There were two Frenchmen among them, neither of them claimed being part of the yellow vest movement.

I listened to them carefully and at length. This was a situation that required keeping quiet rather than making big speeches about ethics or love, as is my habit with the business leaders I work with. Especially since their generosity, during the feast, was so impressive. Much higher than my own generosity could be.

For a long time I had an intuition of this, but my understanding of this had only ever only reached my head and not my heart. Their gestures, their attitudes made me instinctively understand that they knew better than anyone what brotherhood is really all about. They had nothing to lose so they gave naturally. It immediately reminded me of Terence’s famous maxim, Homo sum …, the father of humanism, which was completed by  Cicero who gave him his definitive letters of nobility through the concept of humanitas: « solidarity comes from the fact that a human being cannot be foreign to another human being because he is a human being « . We were brothers and sisters in humanity, we came from the same foundation, we were united beyond our social categories. I heard their anger against the politicians, I heard the thud of rage that comes without saying it, out of modesty, although preparing an invisible revolt … I heard their dialogue about inequalities, I heard their denial of Europe, I heard their disgust, their despair but also the solidarity that drove them all in  momentum for the survival of the humanity that supports them.

For 2019, I really only want one thing: that each and every one of us, who are more privileged than others, to be a little more aware that humanism, ethics, fraternity are not mere buzzwords to push forth political slogans, to look good in media and companies financial reporting but more … that they offer us the opportunity to embody, in simple everyday gestures, an ethics of serving those most in need. Then and only then will we be more human.

Discover the International Movement of Humanist Entrepreneurs www.entrepreneurs-humanistes.com

 

Résultat de recherche d'images pour "drapeau italien"

Homo sum, humani nihil a me alienum puto,. Sono un uomo, nulla di ciò che è umano mi è estraneo. (Publius Terentius Afer dit Terence).

Durante queste ultime feste di fine anno, mi sono trovato in un contesto imprevisto che è stato, devo dirlo, un momento di forte umanità e anche un istante di condivisione inedita incredibile. Sono stato invitato a pranzo a una tavola di europei che facevano parte del cinquanta per cento della popolazione che guadagna meno della media mensile di uno stipendio europeo, cioè molto meno di 1.850 euro. Alcuni addirittura non superano i 750 euro al mese. C’erano tra loro, due francesi ma nessuno tra loro ha detto di essere un gilet jaune.

Li ho ascoltati attentamente e a lungo. La situazione richiede il silenzio piuttosto che grandi discorsi sull’etica o l’amore, come è mia abitudine quando discuto con i dirigenti con cui lavoro. Tanto più che la loro generosità, in occasione di questo convivio, era enorme. Molto più alta di quanto non potesse essere la mia perlomeno.

Avevo questa impressione già da molto tempo, ma la comprensione che avevo della situazione era razionale e non emozionale. I loro gesti, i loro comportamenti mi fecero subito capire che sapessero meglio di chiunque altro cosa fosse la fraternità. Non hanno niente da perdere quindi donavano naturalmente. Questo mi ha subito ricordato la celebre massima di Terenzio, Homo sum… il padre dell’umanesimo, che fu completata da quella di Cicerone che gli diede un tocco di nobiltà attraverso il concetto di humanitas: “la solidarietà viene dal fatto che un essere umano non può essere estraneo a un altro essere umano poiché è un essere umano”. Eravamo fratelli e sorelle in umanità, proveniamo dallo stesso fondamento, eravamo uniti al di là delle categorie sociali. Ho sentito la rabbia contro i politici, il rumore assordante di una collera che arriva senza essere detta, per pudore, ma che prepara una rivolta invisibile… ho sentito il loro dialogo sulla diseguaglianza, ho sentito il rifiuto dell’Europa, ho sentito il loro disgusto, la disperazione ma anche la solidarietà che li animava tutte e tutti in uno slancio di sopravvissuta umanità che li sostiene.

Per il 2019, non mi auguro che una cosa, che ciascuna e ciascuno di noi, che siamo privilegiati rispetto a molti altri, prendiamo più coscienza che l’etica, la fratellanza non sono solo delle parole “alla moda” o compiacenti slogan politici, o per farci belli sui social media… sono molto di più…ci offrono la possibilità di incarnare, in gesti semplici quotidiani, un’etica dell’azione al servizio di quelli che ne hanno più bisogno. Non si tratta d’altro che di essere più umani.

Scoprire www.entrepreneurs-humanistes.com

Entrepreneurs humanistes, rejoignez-nous !

English version below

Les 27 & 28 septembre 2018, dix-sept entrepreneurs, porteurs des valeurs humanistes se sont réunis pour créer le « Mouvement International des Entrepreneurs Humanistes » et en définir son identité.

Le mot entrepreneur est à prendre au sens large. Il concerne, certes, les entrepreneurs actionnaires propriétaires mais également toute personne qui a l’esprit d’entreprendre au sens de la volonté de prendre sa vie en main pour en faire un acte libre et responsable.

Le mot humaniste est à comprendre en son sens original « HUMANITAS » tel qu’il a été défini par Cicéron « un être humain ne peut pas être étranger à un autre être humain du fait qu’il est un être humain ». Il oriente nécessairement vers le respect, la dignité de la personne humaine et de sa relation à la Nature. Il cherche, dans l’entrepreneuriat, à trouver sans cesse un juste équilibre entre la réussite humaine, le succès économique et la préservation de notre environnement.

Nous avons posé,

  • la vision : faire en sorte que l’entrepreneuriat humaniste soit une référence commune qui permette de faciliter un équilibre garant de paix et de liberté pour l’humanité
  • la mission : accueillir, partager des principes d’actions et se nourrir des expériences de chacun pour transmettre les valeurs de l’entrepreneuriat humaniste dans le monde

Nous avons défini les valeurs,

  • harmonie : construire un équilibre en cohérence avec son environnement
  • liberté : oser une pensée ouverte et responsable qui permette à chacun de s’accomplir
  • humilité : s’adapter et grandir dans l’écoute des autres

Si, comme nous, vous croyez que humanisme et entrepreneuriat est possible, alors rejoignez-nous !

En savoir plus : www.entrepreneurs-humanistes.com

Twitter : @EHumanistes

P.S. Nous regrettons qu’il n’ y ait pas eu, au moment de la création du Mouvement, plus de diversités (femmes, autres cultures…). Une femme était parmi nous mais n’a pas souhaité apparaître sur les réseaux sociaux. Nous sommes donc en attente impatiente que la plus grande richesse de diversités humaines nous rejoigne. 

 

Entrepreneurial Humanists, come and join us!

On September 27 & 28, 2018, seventeen entrepreneurs, bearers of humanist values, came together to create the « International Movement of Humanist Entrepreneurs » with a clear objective of defining its identity.

The word entrepreneur is to be taken broadly. Indeed, it concerns owner-entrepreneur shareholders but also any person who has the entrepreneurial spirit with the will to take one’s own life in hand to make it a free and responsible act.

The word ‘humanist’ is to be understood in its original meaning « HUMANITAS » as it was defined by Cicero « a human being cannot be foreign to another human being because he is a human being ». It takes us towards a path of respect, of the dignity of the human person and its relationship with Nature. In entrepreneurship, it seeks to find the right balance between human success, economic success and the preservation of our environment.

We asked the question of,

the vision: to ensure that humanistic entrepreneurship is a common reference that facilitates a balance guaranteeing peace and freedom for humanity

the mission: to welcome, share the principles of actions and to feed on each other’s experiences to transmit the values ​​of humanistic entrepreneurship in the world

We defined the values,

harmony: to build a balance in coherence with its environment

freedom: to dare open and responsible thinking that allows everyone human fulfillment

humility: adapt and grow by listening to others

If, like us, you believe that humanism and entrepreneurship is possible, then come and join us!

Learn more: www.entrepreneurs-humanistes.com

Twitter: @EHumanistes

P.S. We regret that there was not, at the time of the creation of the Movement, more diversity (women, other cultures …). A woman was among us but did not wish to appear on social networks. We are therefore hoping and waiting impatiently for the greatest wealth of human diversity to join us.

Révolution !

Résultat de recherche d'images pour "image révolution"

Je ne sais pas combien il faudra de temps aux dites « élites » pour redescendre de leur monde étoilé, je ne sais même pas s’ils ont une réelle capacité à en redescendre. La montée en puissance des extrêmes politiques et les violences qui l’en accompagnent, un peu partout dans le monde, sont le signe que nous devons radicalement changer de modèle de société.

Les politiques au pouvoir ne le comprennent pas pour une simple et bonne raison. Ils prennent des décisions qui nourrissent le mode de pensée néolibérale dans lequel nous vivons depuis désormais 40 ans. Il y a une urgence éthique évidente mais qui n’est pas prise en compte. Il y a un fossé grandissant entre les riches et les pauvres qui est le terreau d’une explosion révolutionnaire et qui se donne à vivre comme un cri d’angoisse.

Ceux qui détiennent le pouvoir restent sourds. Ils « entendent » mais ils n’écoutent pas. Ils sont déconnectés de la réalité de la masse. Ils sont satellisés dans des ambiances feutrées très lointaines de celles que vivent plus de 70% du reste des populations qu’ils dirigent. Le futur, c’est la justice sociale. À moins que les dites « élites » aient pris la décision d’éliminer définitivement ceux que Harari appellent les inutiles ?

#ethique #nouveaupartage #justice #leadership #culture #société #politique #équité #LeLeadershipDeLAmour #LUrgenceEthique #HomoDeus #LaGuerreDesIntelligences #révolution

Dirigeants, parlons culture d’entreprise !

English version below – Versione italiana sotto

Résultat de recherche d'images pour "image culture d'entreprise"

Dirigeants, parlons culture d’entreprise !

Au-delà de tous les changements qui se profilent à travers les nouveaux modèles de management (entreprise libérée, lean applicatif digitalisé, pyramide inversée…), la troisième révolution digitale de l’internet des objets, la gestion des données et l’utilisation stratégique de l’intelligence artificielle dans les affaires, il reste des fondamentaux qui sont plus que d’actualité. L’un d’eux demeure sans aucun doute la culture d’entreprise. Elle n’est pas rationnelle mais émotionnelle, elle repose sur trois mots clés qui font son succès : la vision, la mission et les valeurs. À ceux qui pourraient croire que ces mots sont ringards, il suffit de constater que les grandes entreprises au succès mondial que constituent les GAFA (États-Unis) et les BATX (Chine) n’ont jamais transigé sur l’idée de projeter leurs ambitions entrepreneuriales à 50 ans (vision), de décrire très précisément ce à quoi elles ont l’intention de servir (mission) et de définir pour l’ensemble de leurs collaborateurs l’identité sur laquelle ils ne sont pas prêts à transiger (valeurs). Jusque-là rien de révolutionnaire puisque ce vocabulaire est clairement utilisé comme outil de leadership depuis plus de 100 ans.

Ce qui est révolutionnaire est la touche émotionnelle qui est désormais donnée à ces mots et surtout la manière dont ils sont transmis à tous les collaborateurs de l’entreprise, ses clients et ses partenaires. Ils définissent une communauté de sens à laquelle la fierté d’appartenance traduit la culture d’entreprise comme l’un des facteurs clé de succès de l’entreprise sur son marché. Au-delà du produit et de la marque, c’est par la culture que ces entreprises créent un avantage compétitif différenciant par rapport à leurs concurrents. C’est par la croyance qu’elles ont en leur mission et leurs valeurs que ces entreprises se donnent la capacité de définir une vision de long terme qui donne un sens à l’ensemble de la communauté humaine à laquelle elles s’adressent.

Dirigeants, prenez conscience que dans un monde hyper connecté et déshumanisé, le positionnement stratégique différenciant devient émotionnel. La culture d’entreprise agit comme un contre-pied à l’atmosphère ambiante. Dans un monde hyper connecté, elle crée la distance nécessaire pour se déconnecter quand il le faut et renouer avec l’intelligence humaine du sage détachement ; dans un monde déshumanisé, elle permet de renouer des relations d’humanité sans lesquelles la créativité et la projection vers l’avenir n’ont aucun sens. Dites-le vous bien, la culture d’entreprise est, sans aucun doute, l’un des facteurs clés de succès de leadership de votre entreprise pour le futur.

 

Executive Leaders, Let’s talk about corporate culture!

Beyond all the changes that are emerging through new management models (the liberated company, lean digital applications, inverted pyramids …), the third digital revolution of the Internet of things, data management and the strategic use of artificial intelligence in business, there are still fundamentals that are more than topical news. One of them is undoubtedly, the corporate culture. It is not rational but emotional.  It is based on three keywords that make it successful: vision, mission and values. To those who might believe that these words are tacky, suffice it to say that the world-renowned companies such as GAFA (United States) and BATX (China) have never compromised on the idea of ​​projecting their entrepreneurial ambitions 50 years ahead (vision), to describe very precisely what they intend to serve (mission) and to define for all their employees the identity on which they are not ready to compromise (values) . So, up to now, nothing revolutionary as this vocabulary has clearly been used as a tool of leadership for more than 100 years.

What is revolutionary is the emotional touch that is now given to these words and especially in the way they are transmitted to all company employees, its customers and partners. They define a community of meaning to which the pride of belonging translates the corporate culture as one of the key factors of the company’s success in its market. Beyond the product and the brand, it is through culture that these companies create a differentiating competitive advantage over their competitors. It is through the belief that they have in their mission and their values ​​that these companies give themselves the capacity to define a long-term vision that gives meaning to the entire human community to whom they are addressed.

Leaders, realize that in a hyper connected and dehumanized world, the differentiating strategic positioning becomes emotional. The corporate culture acts as a countermove to the ambient atmosphere. In a hyper-connected world, it creates the necessary distance to disconnect when necessary and reconnect with the human intelligence of wise detachment.  In a dehumanized world, it allows the renewal of relationships of humanity without which creativity and projection into the future are meaningless. Let’s just say it,  corporate culture is, without a doubt, one of the key success factors of your company’s leadership for the future.

Dirigenti, parliamo di cultura d’impresa!

Al di là di tutti i cambiamenti che vanno profilandosi attraverso: i nuovi modelli di management (impresa liberata, lean production digitalizzato, metodo piramidale inverso…), la terza rivoluzione digitale trainata dall’internet delle cose, la gestione dei dati e l’utilizzazione strategica dell’intelligenza artificiale negli affari, restano, nel mondo imprenditoriale, dei fondamenti che sono più che mai di attualità. Uno di questi si trova senza dubbio nella cultura d’impresa. Non è tanto un concetto razionale ma emozionale, si poggia su tre parole chiave che ne fanno la sua riuscita: visione, missione e valori. Per evitare di credere ingenuamente che questi termini siano antiquati, è sufficiente constatare che le grandi imprese di successo mondiale che costituiscono i GAFA (USA) e i BATX (Cina) non sono mai scese a compromessi sull’idea di progettare le loro ambizioni imprenditoriali a cinquanta anni (visione), sul descrivere precisamente a cosa vogliono servire (missione) e sulla definizione dell’identità sulla quale non sono pronti a transigere (valori). Fino a qui, niente di rivoluzionario, infatti questo vocabolario è utilizzato quale strumento di leadership da più di cento anni. Ciò che è davvero rivoluzionario, è l’elemento emozionale che ormai, giustamente, si attribuisce a queste definizioni, e soprattutto è rivoluzionario il modo in cui sono trasmesse ai collaboratori dell’azienda, ai suoi clienti e a tutte le parti sociali. Visione, missione e valori definiscono una vera e propria comunità di senso; senso che si traduce in fierezza d’appartenenza e che fa della cultura d’impresa, uno dei maggiori fattori chiave del successo di una società sul mercato. Al di là del prodotto e della marca, è attraverso la propria cultura che queste aziende creano un vantaggio competitivo differenziandosi dai loro concorrenti. È attraverso la fede nella loro missione e nei loro valori che queste aziende si danno l’opportunità di definire una visione a lungo termine, ed è questa visione che conferisce il senso alla comunità umana alla quale le società si rivolgono.

Dirigenti, prendete coscienza che nel mondo iper connesso e disumanizzato nel quale viviamo, il posizionamento strategico che fa la differenza è un posizionamento emozionale. La cultura d’impresa agisce in contropiede rispetto al contesto attuale, crea la distanza necessaria per sconnettersi quando è necessario, per prendere il saggio distacco di cui è capace l’intelligenza umana. La cultura d’impresa ci permette di riallacciare relazioni umane senza le quali la creatività e la progettualità verso il futuro non hanno alcun senso. Ditevelo, siatene convinti, la cultura d’impresa è, senza alcun dubbio, la componente essenziale del successo della vostra impresa e ne garantisce il futuro.

2018 : la fin des illusions, la décision de l’espérance

English version below – Versione italiana sotto

Résultat de recherche d'images pour "image espérance"

2018 : la fin des illusions, la décision de l’espérance

Je travaille depuis plus de 15 ans dans le monde de l’entreprise. Lorsque j’ai quitté le milieu universitaire où j’enseignais l’éthique sociale, économique et politique, mes collègues m’ont dit : « tu pars dans le monde des affaires pour appliquer les principes que tu enseignes ? Mais il n’y a pas d’éthique dans le monde des affaires, il n’y a que l’argent qui compte ». Un beau décalage a priori entre la théorie et la pratique. J’étais profondément convaincu du contraire.

Je dois donc dire que je ne les ai pas crus et, avec 15 ans d’expérience internationale désormais, je peux témoigner qu’ils n’avaient pas raison mais qu’ils n’avaient pas tort non plus. La conduite de l’entreprise est un art, celui de résoudre les paradoxes et les contraires permanents. L’entreprise répond à une logique de performance financière sans laquelle il est impossible de développer les activités et de créer des emplois. La problématique de l’éthique appliquée aux affaires est aujourd’hui, non pas une nécessité, mais une contrainte réglementaire. La plupart des dirigeants n’ont toujours pas compris qu’ils pouvaient faire de l’éthique un avantage compétitif. Ne nous faisons donc pas d’illusions et ne pratiquons pas la langue de bois, l’éthique en entreprise demeure encore aujourd’hui, en général, un artifice qui permet d’embellir les rapports financiers annuels ou de satisfaire l’ego de certains dirigeants. Cette contrainte imposée est de deux ordres : les États-Unis en sont à l’origine pour favoriser les prises de marchés par les entreprises américaines ; elle a pour objectif de limiter la satisfaction de l’égoïsme immédiat des dirigeants qui voudraient gagner beaucoup d’argent sur des stratégies de court terme.

J’ai la chance de travailler avec des conseils d’administration et des comités exécutifs qui croient en la mise en cohérence des décisions avec la stratégie de l’entreprise et les valeurs humanistes. Mais là aussi, ne nous faisons pas d’illusions, cela ne signifie pas que l’égoïsme n’est pas présent, c’est un comportement humain naturel qui répond à l’angoisse de mort biologique et à la sécurité primaire de l’être humain. Il est donc présent mais d’une manière différente. Il trouve un équilibre avec l’intérêt collectif. Je remarque également un bel écart entre les dirigeants exécutifs et les dirigeants propriétaires, les premiers « jouant » avec l’argent des autres et les seconds, avec leur propre argent. La conscience de la responsabilité, en tant que conséquence de l’impact des décisions sur les parties prenantes de l’entreprise sur le moyen-long terme, est bien plus forte chez les dirigeants propriétaires, car leur patrimoine personnel est directement mis en question. Dans tous les cas, la démarche concrète de mise en œuvre de l’éthique dans l’entreprise est dépendante de la ou du PDG de l’entreprise.

Même si nous restons profondément égoïste (la fin des illusions), ma propre expérience démontre qu’il existe des dirigeants qui croient en l’humanisme. Nous avons donc de quoi espérer. Et c’est ce que je vous propose pour l’année 2018 : décider l’espérance. Le courage est une décision qui permet de dépasser ses peurs. L’espérance est la vertu qui permet de mettre ce courage en acte. L’humanisme est possible, cela ne dépend que de nous, mettons nos forces ensemble !

 

2018 : The end of illusions and a decision of hope

I have now been working for over 15 years in the corporate world. When I left the university world where I taught social, economic and political ethics, my colleagues said to me: « Are you going into the business world to apply the principles you teach? But there are no ethics in the business world, only money counts ». A huge gap it would seem between theory and practice. I was deeply convinced of the contrary.

So I have to say that I did not believe them and now with my 15 years of international experience, I can testify that they were not right however they were not totally wrong either. Driving a business is an art, that of solving paradoxes and permanent opposites. The company has to respond to a logic of financial performance without which it would not be possible to develop its activity and create jobs. The problem of ethics applied to business is today, not a necessity, but a regulatory constraint. Most leaders still do not understand that they can turn ethics to their favor in making it a competitive advantage. So let’s not delude ourselves and start double-talking. Generally speaking, ethics in business today, is an artifice that can embellish the annual financial reports or satisfy the ego of certain leaders. This forced constraint comes in two kinds: the United States being at the origin in favoring the taking of markets by the American companies and its aim to limit the satisfaction of immediate selfishness of leaders wishing to make a lot of money on short-term strategies.

I am fortunate to work with company boards and executive committees that believe in making decisions which are consistent with company strategy and humanistic values. But here too, let’s not delude ourselves, it does not mean that selfishness is not present, it’s a natural human behavior that responds to the anxiety of the biological death and primary safety of the human being. It is present, though in a different way. It finds a balance with the collective interest. I also notice a big gap between executive directors and owner directors, the former « playing » with other people’s money and the latter, with their own money. Awareness of responsibility, as a consequence of the impact of decisions on the company’s stakeholders in the medium to long term, is much stronger among the owners, as their personal wealth is directly questioned. In any case, the concrete approach of implementing ethics in the company is dependent on the directorship whether executive or owner.

Even if we remain deeply selfish (the end of illusions), my own experience shows that there are leaders who believe in humanism. We have something to hope for. And that’s what I put forward for 2018: decide for hope. Courage is a decision that allows you to overcome your fears. Hope is the virtue that makes it possible to put this courage into action. Humanism is possible; it depends only upon us, to harness our strength together!

  

2018: la fine delle illusioni, la speranza come scelta

Lavoro da più di quindici anni con le aziende. Quando lasciai l’ambiente universitario dove insegnavo etica sociale, economica e politica, i miei colleghi mi dissero: “vorresti applicare i principi che insegni nell’ambito degli affari? Non esiste etica in questo mondo, conta solo il denaro”. A priori una bella distanza tra teoria e pratica. Personalmente, ero profondamente convinto del contrario.

Non ho creduto ai miei colleghi, e, dopo ormai quindici anni di esperienza internazionale, posso testimoniare che non avevano del tutto ragione ma nemmeno completamente torto. La gestione di un’impresa è un’arte, che consiste nel risolvere paradossi e contraddizioni permanenti. L’impresa, in sé, risponde ad una logica di prestazione finanziaria senza la quale è impossibile sviluppare le varie attività e creare impiego. Detto ciò, le problematiche legate all’etica applicata agli affari sono oggi, non solo una necessità, ma un obbligo regolamentare. La maggior parte dei dirigenti non ha ancora capito che potrebbe fare dell’etica un vantaggio competitivo. Non ci facciamo dunque alcuna illusione ed evitiamo ogni retorica: l’etica in azienda è ancora oggi, in linea generale, un artificio che permette di “abbellire” i rapporti finanziari annuali o di soddisfare l’ego di alcuni dirigenti. Questo codice etico imposto ha due particolarità: prima di tutto gli Stati Uniti ne hanno dato origine per favorire l’immissione sul mercato delle loro aziende; secondariamente ha come obiettivo limitare la soddisfazione dell’egoismo immediato dei dirigenti, che vorrebbero guadagnare molto denaro sulle strategie a corto termine.

Ho la fortuna di lavorare con consigli di amministrazione e comitati esecutivi che credono nella messa in coerenza delle decisioni con la strategia d’azienda e i valori umanisti. Ma, anche qui, cerchiamo di non prendere un abbaglio, l’egoismo è comunque sempre presente, è un comportamento naturale che risponde all’angoscia della morte biologica e alla sicurezza primaria dell’essere umano. Questo egoismo è però presente in un modo diverso: è più in equilibrio con l’interesse collettivo. Ho sempre notato un’enorme differenza tra i dirigenti esecutivi e proprietari, i primi “giocano” con denaro di altri, mentre i secondi con il proprio. La coscienza di responsabilità e l’impatto delle decisioni sulle altre parti in causa nell’azienda, sia sul medio che lungo termine, è ben più forte presso i dirigenti proprietari, poiché il loro patrimonio personale è direttamente coinvolto. In ogni caso, il percorso concreto di messa in pratica dell’etica dipende da il o la PDG dell’azienda.

Anche se restiamo profondamente individualisti (la fine delle illusioni), la mia esperienza dimostra che esistono dei dirigenti che credono nell’umanesimo. Abbiamo dunque di che sperare, ed è ciò che vi propongo per l’anno 2018: scegliere la speranza. Il coraggio è una decisione che permette di sorpassare le proprie paure. La speranza è la virtù che consente di mettere in atto il coraggio. L’umanesimo è possibile, non dipende che da noi, uniamo le nostre forze!

 

 

 

Qu’est-ce que l’éthique protestante ?

Le protestantisme est né avec Martin Luther en 1517 et les 95 thèses de Wittemberg. Ce mouvement s’appellera celui de la Réforme dont nous fêtons les 500 ans cette année. Luther proteste contre la vente des indulgences qui consistaient à payer une somme d’argent pour racheter l’âme des défunts. Sa protestation conduira à exprimer plusieurs principes fondamentaux du protestantisme. Sola Fide : seulement la foi compte. Sola Scriptura : seulement les Ecritures comptent. Sola Gratia : seulement la grâce de Dieu compte. C’est la notion du salut qui est en jeu ici. Celle-ci devient individuelle et non plus collective comme c’était le cas avec l’Eglise catholique. J’ai développé toutes ces mentions dans mon livre L’urgence éthique ou l’éthique appliquée au monde des affaires.

L’éthique est l’art de savoir se comporter en société de manière juste. Elle est la mise en pratique concrète des vertus, ce que ne cesse de rappeler Aristote dans son Ethique à Nicomaque.  Appliquée au christianisme, l’éthique est concrètement la mise en pratique de la vertu de l’agapè c’est-à-dire de l’amour divin ou de l’amour inconditionnel. L’exemple même de cet amour s’incarne dans un juif nommé Jésus qui donnera tout son sens à la valeur de fraternité : « Pour autant que vous l’avez fait à l’un de mes moindres frères que voilà, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25,40). J’ai largement développé toutes ces notions dans mon livre Le leadership de l’amour ou l’amour appliqué au monde des affaires.

L’éthique protestante est donc la capacité que nous avons, en tant qu’individu, à mettre en œuvre l’amour dans notre comportement quotidien. L’exemple de cet amour est celui de Jésus-Christ. Appliqué au monde des affaires et de la politique, elle souligne combien les leaders doivent être au service de leurs parties prenantes et de leurs citoyens. Elle mentionne que l’argent n’est pas l’objectif premier mais qu’il est la conséquence de la relation que nous entretenons avec les autres. Si le protestantisme constitue un certain mouvement de réveil aujourd’hui, c’est parce qu’il est à l’origine du capitalisme contemporain. Mais il existe plusieurs variantes d’éthique protestante entre celle luthérienne, l’autre calviniste ou encore puritaine calviniste…Celle qui se trouve à l’origine du capitalisme est puritaine calviniste. J’ai longuement expliqué ces mentions dans mon livre L’urgence éthique.

La valeur de fraternité est le cœur de l’éthique protestante. Elle est la juste combinaison de la philosophie de Cicéron et de la théologie de l’amour de Jésus. Là encore, j’ai expliqué ces mentions dans ma conférence TEDx « Humanisme et entrepreneurship ».

Si vous voulez allez vraiment aller plus loin dans les fondements de l’éthique protestante, je vous conseille deux livres : Le courage d’être de Paul Tillich et L’instant d’un geste de Jean-Daniel Causse.

 

L’empathie, un levier de management ? Empathy? Empatia?

English Version Below – Versione italiana sotto

Résultat de recherche d'images

L’empathie, un levier de management ?

Développer votre empathie ! Voilà le mot magique à la mode dans l’entreprise qui devrait révolutionner votre leadership ou votre management. Facile à dire mais difficile à mettre en pratique.

Le mot « empathie » vient du grec ἐν (en) qui signifie « à l’intérieur » et de πάθoς (pathos), la « souffrance ». Il caractérise la capacité à s’identifier à autrui, à éprouver ce qu’il ressent à l’intérieur de lui-même, à comprendre ses sentiments et ses émotions. Même si nous savons, de par les neurosciences, que notre cerveau a une capacité naturelle à s’identifier aux autres, nous savons également de par la psychologie des profondeurs comment nos croyances, liées aux différents inconscients collectifs, familiaux, individuels et religieux qui nous constituent, sont des freins à nous mettre à la place de l’autre. En effet, ces inconscients ont formé en nous des croyances dont il n’est pas si facile de sortir. Il nous faut d’abord les reconnaître puis les accepter pour apprendre à vivre avec elles et nous en distancier. L’empathie, au sens où elle le fait de « ressentir la souffrance de l’autre à l’intérieur de son propre corps », ne peut donc pas relever d’une décision rationnelle ou d’une volonté personnelle.

Pour nous mettre en chemin vers l’empathie, il nous faut ainsi d’abord écouter. Se mettre à l’écoute de nous-mêmes dans un premier temps, puis nous mettre à l’écoute de l’autre. Dans mon livre, le leadership de l’amour, j’ai défini l’écoute comme la capacité à « ne pas savoir ce que nous allons dire à l’autre avant qu’il n’ait fini de parler ». En effet, nous ne pouvons pas prétendre à comprendre l’autre et à nous mettre à sa place, si nous ne respectons pas d’abord sa parole et ses différences. L’écoute nous invite à nous méfier de nous-mêmes et de nos jugements trop hâtifs. Elle nous interpelle sur la manière impulsive que nous avons de réagir inconsciemment selon nos croyances. L’être humain est un être de langage et comme le dit si bien Maurice Bellet : « Le langage – au sens fort – juge d’avance. Qui ne parle pas ma langue, je ne le connais pas comme humain ! On va bien plus vite qu’on ne croit à cette limite terrible ». Nous ne pouvons donc pas décider d’être empathique. Au mieux, il s’agit d’un processus chimique qui s’active en nous par un écho mimétique devant une souffrance inacceptable nous rappelant nos propres blessures, ou d’un moment de grâce qui nous est donné et que nous ne comprenons pas forcément rationnellement.

L’écoute nous invite ainsi à la vigilance. Elle intègre le fait positif que dans toute relation nous partageons ensemble notre humanité ; elle nous ouvre à l’humilité d’accepter que les différences individuelles et culturelles qui nous habitent nous empêchent très concrètement de nous mettre à la place de l’autre. Tout simplement parce que nous ne sommes pas lui ou elle, et que nous ne serons jamais lui ou elle. L’écoute, dans le management, nous appelle ainsi à l’amour Philia : la capacité que nous avons à accueillir la différence de l’autre, à la respecter et à l’accompagner sans que notre langage personnel vienne parasiter celui de la personne qui nous parle. Sans jugement, sans condamnation. Elle ne se leurre pas sur une éventuelle possibilité à comprendre vraiment l’autre car, comme conclut Bellet « chacun a sa zone d’ombre impénétrable, sa région faussement claire, son travail de vérité, sa part lumineuse » qui échappe non seulement à l’autre mais aussi à soi-même.

Cet article est paru dans le magazine Courrier Cadres de avril-mai 2017

 

Résultat de recherche d'images pour "drapeau anglais"

Empathy, a management tool?

Develop your empathy! This is the magic buzz word going around companies at the moment, a means to revolutionize your leadership or management. Easy to say but not so easy to put into practice.

The word « empathy » comes from the Greek ἐν (en) which means « within » and from πάθoς (pathos), « suffering ». It characterizes the ability to identify with others, to experience what they feel inside themselves, to understand their feelings and emotions. Even though we know from neuroscience that our brain has a natural ability to identify with others.  We also know from indepth psychology how our beliefs, linked to the collective, family, individual and religious unconscious differences that makes us, hold us back from putting ourselves in the place of the other. Indeed, this unconscious has formed within us beliefs which are not so easy to push out. We must first recognize them and then accept them to learn to live with them and distance ourselves from them. Empathy, in the sense that it makes one « feel the suffering of the other within one’s own body », cannot therefore be the result of a rational decision or a personal will.

To put us on the road to empathy, we must first listen. To listen to ourselves at first, then to listen to the other. In my book The Leadership of Love, I defined listening as the ability to « not know what we’re going to say to the other before he’s finished speaking. » Indeed, we cannot pretend to understand the other and put ourselves in his place, if we do not first respect his word and his differences. Listening invites us to distrust ourselves and our too hasty judgments. It challenges us on how impulsively we react unconsciously according to our beliefs. The human being is a being of language and, as Maurice BELLET says so well: « Language, in the true sense of the word, judges beforehand. He who does not speak my language, I do not recognize as human! We reach this terrible conclusion all too quickly. » We cannot therefore decide to be empathetic. At best, it is a chemical process that is activated in us by a mimetic echo before an unacceptable suffering that reminds us of our own wounds, or a moment of grace that is given to us and that we do not necessarily  rationally understand.

Listening therefore leads us to vigilance. It integrates the positive fact that in every relationship we share our humanity together; it opens us up to the humility of accepting that the individual and cultural differences that inhabit us prevent us very concretely from putting ourselves in the place of the other. Simply because we are not the other and never will be.  Listening in management thus calls us to Philia love: the capacity we have to welcome the others differences, to respect and accompany him without our personal language interrupting or hindering his discourse. Without judgment, without condemnation. It does not delude itself about a potential possibility of truly understanding the other because, as BELLET concludes, « everyone has his zone of impenetrable shadow, his region falsely clear, his work of truth, his luminous self » unclear not only to the other but also to oneself.

This article was published in the magazine Courrier Cadres of April-May 2017

 

Résultat de recherche d'images

L’empatia, un impulso per la gestione aziendale?

Sviluppate la vostra empatia! Ecco la parola magica, molto di moda nel mondo delle imprese, che dovrebbe rivoluzionare la vostra leadership o la vostra gestione aziendale. Facile a dirsi, ma piuttosto difficile da mettere in pratica.

La parola “empatia” deriva dal greco ἐν (en) significa “in, all’interno, dentro” e πάθoς (pathos), la “sofferenza, il patimento”. Ci si riferisce alla capacità di identificarsi all’altro, è la capacità di provare ciò che sente l’altro, comprendere i suoi sentimenti e le sue emozioni. Anche se noi sappiamo, dalle neuroscienze, che il cervello ha una naturale capacità di identificarsi agli altri, sappiamo anche dalla psicologia come le nostre credenze, legate a differenti incoscienti, (collettivo, familiare, individuale e religioso) che ci costituiscono, sono talvolta dei freni rispetto al metterci nei panni dell’altro. Questi incoscienti infatti, costituiscono in noi dei pregiudizi da cui non è così semplice prescindere. Bisogna innanzitutto riconoscerli, poi accettarli per imparare a convivere con essi e prenderne infine un po’ di distanza. L’empatia, nel senso di “sentire la sofferenza dell’altro dentro il nostro corpo”, non può dipendere da una decisione razionale o dalla propria volontà.

Per metterci in cammino, per così dire, verso l’empatia, è necessario prima di tutto ascoltare. Ascoltare noi stessi principalmente, poi metterci all’ascolto dell’altro. Nel mio libro La leadership dell’amore, ho definito l’ascolto come la capacità di “non sapere cosa diremo all’altro prima che abbia finito di parlare”. Non possiamo infatti pretendere di capire il prossimo e metterci al suo posto, se non rispettiamo le sue parole e le differenze di cui è portatore. L’ascolto ci invita a diffidare di noi stessi e dei nostri giudizi troppo precipitosi. Reagiamo molto spesso in modo impulsivo spinti inconsciamente dalle nostre credenze. Per l’essere umano il linguaggio è espressione maggiore e fondamentale del suo avanzato pensiero simbolico, e come ci dice Maurice Bellet: «il linguaggio, in senso stretto, giudica in anticipo. Chi non parla la mia lingua, non è da me riconosciuto come essere umano! Possiamo raggiungere questo limite terribile molto più velocemente di quanto non si creda». Non possiamo quindi decidere di essere empatici. Nella migliore delle ipotesi si tratta di un processo chimico che si attiva in noi come un eco mimetico di fronte ad una sofferenza inaccettabile che ci ricorda le nostre ferite; oppure di un momento di grazia che ci è dato e che non per forza riusciamo a comprendere razionalmente.

L’ascolto ci invita in questo senso ad essere vigili. Ci indica positivamente che in ogni relazione condividiamo la nostra umanità; ci porta verso l’umiltà di accettare che le differenze individuali e culturali che ci costituiscono possono impedirci concretamente di metterci al posto dell’altro. Semplicemente perché non siamo quell’uomo o quella donna, e non lo saremo mai. L’ascolto, nella gestione aziendale, fa appello in questo senso all’amore Philia: la capacità che abbiamo di accogliere la differenza dell’altro, rispettarla e accompagnarla senza che il nostro linguaggio personale venga a inquinare il linguaggio di chi ci parla. Senza giudizio, senza condanna. L’ascolto non ci permette di illuderci di aver profondamente capito l’altro; perché, come conclude sempre Bellet: «ognuno ha la sua zona d’ombra impenetrabile, una sua regione falsamente chiara,il suo lavoro di verità, la sua parte luminosa» che sfugge non solo all’altro, ma persino a se stessi.

Questo articolo è apparso su Courrier Cadres nel mese di aprile/maggio 2017