2016 : prenons notre vie en main

Par Emmanuel Toniutti

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Pour vous souhaiter une bonne année 2016, je vous propose une réflexion sur la conduite de notre existence. Celle-ci se dessine comme une suite logique à mes précédents articles sur mon blog depuis 2011. Elle s’inspire plus particulièrement de la dynamique de celui que j’ai rédigé au début du mois de septembre 2015 Où sont nos leaders ? J’y ai dressé un constat de la situation de notre temps sur le plan politique, économique, social, géopolitique, religieux et environnemental. J’ai également proposé, à partir de certains champs d’opportunités s’offrant à nous, une manière d’aborder le futur pour pouvoir lui donner un sens sur le plan macro organisationnel. Ne voyant à ce jour aucun leader se dresser pour changer le mode de fonctionnement dans lequel nous évoluons quotidiennement, je recentre ici mon approche sur nous-mêmes, en tant qu’individus, et nos possibilités d’actions dans des contextes sans cesse mouvants et pas toujours contrôlables.
Je crois profondément que le système ultralibéral dans lequel nous vivons a atteint, du point de vue de l’éthique, ses limites humaines. En imposant la performance à outrance, il pousse l’être humain dans l’expression de ses faiblesses les plus profondes : l’égoïsme, le manque de générosité, l’injustice, la violence et la vanité. Il est la caricature de choix que nous faisons pour réussir notre vie sur le plan social, professionnel et personnel, pour briller pour nous-mêmes et aux yeux des autres. Nous ne sommes pas naturellement éduqués afin de découvrir le sens de notre existence. Nous suivons des études pour trouver un travail qui rapporte de l’argent. Toute l’éducation que nous recevons alors nous laisse croire que ce chemin nous conduira naturellement au bonheur. En règle générale, l’inverse se produit et induit une situation d’anxiété dans lequel notre stress est le résultat de la projection négative que nous nous faisons d’un futur qui n’existe pas encore. Nous cherchons le maximum de sécurité dans un monde qui évolue en permanence et requiert une adaptation quotidienne.
Ce faisant, nous nous écartons sensiblement des besoins de notre âme, nous prenons une distance malsaine avec le souffle de vie qui anime notre corps et notre esprit, nous nous éloignons de nous-mêmes. Il ne faut pas entendre ici le mot « âme » comme une expression essentiellement liée à la religion : à titre d’exemple, André Comte-Sponville dans son livre L’esprit de l’athéisme utilise le mot âme pour définir une spiritualité sans Dieu. Comment se manifestent donc, à l’intérieur de nous, les signes de la séparation entre nos décisions et notre âme ? L’angoisse, la souffrance, la désillusion, la douleur dans le corps, la peur, la tristesse, la colère, la jalousie, la vengeance, la haine. Tout cela est le résultat de choix biaisés dont nous faisons tous l’expérience. Très souvent lorsque nous allons mal, nous incriminons les autres. Nous les voyons comme des ennemis ou bien comme ceux qui génèrent, par leurs actes, les sentiments qui nous animent. Mais nous n’avons jamais de problèmes avec les autres, ceux-ci ne sont que le reflet de nos propres difficultés à mettre en cohérence nos choix de vie avec notre âme, avec ce que nous sommes profondément à l’intérieur de nous-mêmes.
Prendre notre vie en main requiert beaucoup de courage. Cela nécessite de savoir ce que nous sommes prêts à accepter mais aussi ce à quoi nous sommes prêts à renoncer. La conduite de notre existence nous questionne sur les choix et les décisions que nous prenons pour nous mettre en paix avec nous-mêmes, pour faire taire le tumulte de l’anxiété et de la peur qui se manifestent en nous lorsque nous ne sommes pas cohérents avec la vie intérieure que nous devrions avoir. Ce décalage vient de ce que nous n’avons pas pris le temps d’écouter les sons colorés de notre âme à travers notre corps et nos émotions. Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion d’intervenir auprès d’un parterre de décideurs sociaux, entrepreneurs, politiques de tous horizons. J’ai pu ressentir fortement à la fois leur agressivité et leur mal être. C’est toujours étonnant pour moi (même si je le sais de par mon expérience) de constater que certaines personnes occupant, dans leur vie quotidienne, des fonctions à responsabilités petites ou grandes, peuvent être fondamentalement agressives, jalouses, égocentriques et finalement profondément malheureuses. Ces personnes se sont éloignées de leur âme. Et au fond d’elles-mêmes, leurs âmes pleurent. Elles ne s’en rendent pas compte. Elles ne savent même pas qu’elles les font vivre.

Chaque fois que nous faisons des choix incohérents avec la profondeur de notre être, nos âmes pleurent et manifestent leurs désarrois dans notre corps. Prendre notre vie en main, c’est nous donner le temps d’écouter ses larmes qui nous rongent alors que nous nous laissons croire que tout va bien dans le meilleur des mondes. Prendre notre vie en main, c’est prendre conscience que notre corps et notre esprit manifestent le bien être ou le mal être de notre âme. Pour cette nouvelle année, je nous souhaite à toutes et à tous de l’entendre.

 

2016: Taking our lives in hand

To wish you well for the new year ahead, I would like to suggest some thought over the conduct of our existence. This emerges as a logical extension of my previous blog articles since 2011. It is particularly inspired by the dynamics of the one I’d written back in the beginning of September 2015 entitled Where are our leaders? In which, I had made a statement on the political, economic, social, geopolitical, religious and environmental situation at that time. I also suggested, based on certain opportunities on offer a way to face the future in order to make some sense in terms of macro organization. Seeing as so far no leader has stood up to change the way in which we live on a daily basis, I have refocused my approach here regarding ourselves, as individuals, and our possibilities for action in these endlessly changing and uncontrollable contexts.
I deeply believe that the ultra-liberal system in which we live has reached, from an ethical point of view, its human limitations. By imposing excessive performance, it pushes the human being to express his deepest weaknesses: selfishness, lack of generosity, injustice, violence and vanity. It is a caricature of the choices we make for our lives to succeed socially, professionally and personally to shine for ourselves and to others. We are not naturally educated in order to discover the meaning of our existence. We follow studies to find a job that pays in return. All the education we receive then leads us to believe that this path will naturally lead us to happiness. Generally, the opposite occurs and induces a state of anxiety in which our stress is the result of a negative projection that we have of a future that does not yet exist. We seek the maximum safety in a world that is constantly evolving and requires daily adaptation.
In doing so, we wander away from the needs of our soul, we maintain a unhealthy distance with the breath of life that animates our body and our mind, we stray from our very selves. The word « soul »  should not be understood here as a term essentially related to religion: for example, in André Comte-Sponville’s book The spirit of atheism he uses the word soul to define a spirituality without God. How, within us, does the separation between our desicions and our soul manifest itself? Anguish, suffering, disappointment, bodily pain, fear, sadness, anger, jealousy, revenge, hatred. All this is the result of biased choices which we all experience. Very often when things are not going so well or wrong we blame others. We see them as enemies or as those who generate, through their actions, feelings that drive us and make us react. But we never have problems with others, they are simply a reflection of our own difficulties to bring coherence to our life choices with our soul, with what we really are deep down inside ourselves.
 Taking your life in hand requires a lot of courage. This requires knowing what we are willing to accept but also what we are willing to give. The conduct of our life questions us on the choices and decisions we make to bring us at peace with ourselves, to silence the tumult of anxiety and fear manifested in us when we are not consistent with the inner life that we should have. This shift or gap comes about when we have not taken the time to listen to, the colorful sounds of our soul, through our body and our emotions. Just a few weeks ago I had the opportunity to speak to an audience of social policy makers, entrepreneurs and politicians from all backgrounds. I strongly felt both their aggression and unease. It always astounds me (despite the knowledge of my own experience) to find that certain who hold, in their daily lives, positions of responsibility whether large or small, may be fundamentally aggressive, jealous, self-centered and ultimately deeply unhappy . These people have strayed away from their souls. And at the bottom of themselves, their souls are crying. They do not realize it. They are not even aware their very soul keeps them alive.

 Whenever we make inconsistent choices, within the depths of our being, our souls cry and show their confusion in our body. Taking our lives in hand, means giving oneself the time to listen to ones soul and the tears that plague it whilst we allowing ourselves to believe that all is well in the best of worlds. Taking our lives in hand, means realizing that our body and mind manifest the well- or ill-being of our soul. For this new year, I wish to each and everyone of us to listen and hear.

 

 

2016: prendiamo la nostra vita in mano

Per augurarvi un buon anno 2016, vi propongo una riflessione sulla condotta della nostra esistenza. Questo augurio si inquadra perfettamente tra i miei scritti, è una conseguenza logica dei miei precedenti articoli a partire dal 2011. Più precisamente mi sono ispirato a quello redatto all’inizio del mese di settembre 2015 Dove sono i nostri leaders? Qui esponevo una constatazione della situazione in atto sul piano politico, economico, sociale, geopolitico, religioso e ambientale. Ho anche proposto, partendo da alcune opportunità che ci vengono offerte, un modo di approcciarsi al futuro per potergli dare un senso sul piano della macro organizzazione. Non vedendo ad oggi alcun leader adoperarsi per cambiare questo modo di funzionamento nel quale ci troviamo quotidianamente, ritengo opportuno ora tornare a trattare le tematiche legate a noi stessi, in quanto individui, e considerare quali siano le nostre possibilità d’azione all’interno dei contesti senza sosta e spesso incontrollabili in cui viviamo.
Credo profondamente che il sistema ultraliberale nel quale viviamo abbia raggiunto, dal punto di vista etico, i propri limiti umani. Imponendo il massimo della prestazione ad oltranza, conduce l’essere umano verso le sue debolezze più profonde: l’egoismo, la mancanza di generosità, l’ingiustizia, la violenza e la vanità. Questo sistema è la caricatura delle scelte che facciamo per riuscire nella nostra vita sul piano sociale, professionale e personale per metterci in mostra agli occhi degli altri e anche per avere un’immagine vincente di noi stessi. Non siamo solitamente educati a scoprire il senso della nostra esistenza. Seguiamo degli studi per trovare un lavoro che ci permetta prima di tutto di guadagnare denaro. L’educazione che riceviamo ci fa credere che questo cammino ci condurrà naturalmente alla felicità. In linea generale, accade l’inverso, ci dirigiamo verso una situazione ansiosa nella quale il nostro stress è il risultato della proiezione negativa che facciamo di un futuro che non esiste ancora. Cerchiamo il massimo di sicurezza in un mondo che si evolve perennemente.
Facendo questo, allontaniamo sensibilmente i bisogni reali della nostra anima, prendiamo una distanza malsana con il soffio di vita che anima il nostro corpo e il nostro spirito, ci allontaniamo da noi stessi. La parola anima qui non è da intendere come espressione essenzialmente legata alla religione: ad esempio André Comte-Sponville nel suo libro Lo spirito dell’ateismo utilizza la parola anima per definire una spiritualità senza Dio. Come si manifestano dunque, in noi, i segni della separazione tra le nostre decisioni e la nostra anima? L’angoscia, la sofferenza, la disillusione, il dolore nel corpo, la paura, la tristezza, la rabbia, la gelosia, la vendetta, l’odio. Tutto questo è il risultato delle scelte distorte di cui facciamo tutti esperienza in qualche modo. Molto spesso, quando stiamo male, incolpiamo gli altri. Li vediamo come nemici o come coloro che generano, attraverso le loro azioni, i sentimenti che proviamo. Ma la verità è che non abbiamo mai problemi con gli altri, questi non sono altro che il riflesso delle nostre proprie difficoltà a mettere in coerenza le nostre scelte di vita e la nostra vera natura, chi siamo profondamente.
Prendere la propria vita in mano richiede molto coraggio. Questo necessita di sapere ciò che siamo pronti ad accettare ma anche ciò a cui siamo disposti a rinunciare. La condotta della nostra esistenza ci interroga sulle scelte e le decisioni che prendiamo per essere in pace con noi stessi, per fare tacere quel tumulto di ansia e paura che si manifesta in noi nel momento in cui non siamo coerenti con la vita interiore che dovremmo avere. Questo divario si crea poiché non restiamo all’ascolto dei suoni colorati della nostra anima, attraverso il nostro corpo e le nostre emozioni. In queste ultime settimane, ho avuto l’occasione di intervenire presso platee di dirigenti che svolgono la loro professione in ambito sociale, imprenditori o politici con orizzonti differenti. Ho potuto percepire la loro aggressività, il loro malessere. Da parte mia è sempre sorprendente (benché ne faccia esperienza ogni giorno nel mio lavoro), constatare che alcune persone, occupando nella loro vita quotidiana delle funzioni di responsabilità, siano esse piccole o grandi, possono essere fondamentalmente aggressive, gelose, egocentriche e infine profondamente infelici. Queste persone si sono allontanate dalla loro anima, è come se le loro anime piangessero. Loro non se ne rendono nemmeno conto. Non sanno nemmeno che sono proprie le loro anime a permettergli di vivere.

Ogni volta che facciamo delle scelte incoerenti con la profondità del nostro essere, le nostre anime soffrono e manifestano il loro disagio attraverso il nostro corpo. Prendere la nostra vita in mano, significa darci il tempo di ascoltare le lacrime che sgorgano da dentro quando fingiamo di credere che tutto vada nel migliore dei modi. Prendere la nostra vita in mano, significa prendere coscienza che il nostro corpo e il nostro spirito ci comunicano il benessere o il malessere dell’anima. Per questo nuovo anno, auguro a tutte e a tutti di ascoltarla.

 

Le fanatisme à l’épreuve de Dieu

Par Emmanuel Toniutti

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Les nouveaux attentats, survenus ces derniers jours à Paris, interpellent sur le terrorisme et le fanatisme contemporains. Pour mieux comprendre son élaboration, il est intéressant de revenir sur l’étymologie des mots. « Terrorisme » dérive du latin « terror » : le terroriste agit donc pour terroriser et faire peur. « Fanatisme » provient, quant à lui, de fanaticus. Il renvoie directement au temple fanum. Il signifie littéralement « être possédé » ou encore « en délire ». La notion de temple nous ramène ici à celle du sacré qui signifie « ce qui est initié pour le rite » en sanskrit et « rendre inviolable et interdit » en latin sancio (sacer).  À partir de cette étymologie, je peux donc formuler une définition plus claire. Le fanatique est un individu en délire, possédé par une puissance sacrée qui le rend inviolable, auquel il a été initié par un rite dans un lieu interdit aux profanes. Cette initiation lui confère un pouvoir, celui de parler et d’agir au nom du sacré. Dans le langage religieux, le sacré est Dieu. Il existe cependant deux types de sacré. Je l’ai longuement expliqué dans mon livre Paul Tillich et l’art expressionniste et dans le chapitre consacré au leadership dans mon dernier ouvrage Le leadership de l’amour.

Pour bien comprendre l’expression de Dieu, il faut revenir sur la distinction entre la croyance et la foi. La croyance consiste à croire que Dieu existe. Elle investit le croyant d’une mission dans laquelle celui-ci croit détenir la vérité puisqu’il la reçoit directement de Dieu. Au contraire, la foi consiste à croire que Dieu donne la vie ; elle renvoie l’homme à son humanité première. Elle le soumet au principe originel selon lequel, provenant de la poussière, il retournera à l’heure de sa mort à la poussière. Nous pouvons donc distinguer deux types de sacré : le sacré démonique (croyance) et le sacré (foi). Ainsi, lorsque le croyant fanatique tue au nom de Dieu, il développe une forme de violence démonique niant l’humanité à laquelle il appartient en se pensant au-dessus des autres individus de la communauté humaine. Il se fait l’égal de Dieu. Il appartient à un groupe de privilégiés en relation directe avec Dieu. La foi, quant à elle, engendre un sentiment d’humilité provenant de la prise de conscience même de la petitesse de l’Homme vis-à-vis de Dieu. Il est inférieur et soumis à Dieu. L’Homme de foi a pleinement conscience qu’il appartient à une même communauté humaine dans laquelle toutes et tous sont sœurs et frères en humanité. La foi ne peut pas engendrer le fanatisme mais l’acceptation et la reconnaissance que nous appartenons tous à un même fondement sacré qui nous unit : le pouvoir des origines, le principe originel, l’inconditionné, le grand architecte…ce que nous appelons Dieu. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le Coran signifie littéralement « récitation » et « soumission » (aslama).

Les attentats de Paris en date du 13 novembre 2015 revendiqués par Daesh sont le résultat horrible et malheureux de terroristes djihadistes et fanatiques musulmans. Tout d’abord, il s’agit d’un tout petit nombre de croyants appartenant à un islam radical. Il ne faudrait donc pas laisser croire aux occidentaux que l’ensemble de la communauté musulmane s’identifie à ce fanatisme. Ensuite, certes Daesh s’est constitué en 2006 pour combattre au nom d’Allah et réhabiliter un islam confessionnel et non laïc au sein des pays arabo-musulmans. Mais il y a deux autres raisons dont les occidentaux se gardent bien de rappeler les fondements : la lutte contre l’expansionnisme néolibéral occidental issu du processus de colonisation dont Daesh refuse le modèle de par sa filiation avec Al-Qaïda ; et le combat contre un Occident imposant ses règles géopolitiques dans cette région depuis plus de 150 ans pour profiter des avantages liés au pétrole. Cela nous démontre que la religion ne détient pas le monopole de la croyance. Toutes les croyances politico-socio-économiques (nazisme, marxisme et néolibéralisme à titre d’exemple), athée, agnostique et religieuses laissant supposer à leurs adeptes qu’ils détiennent la vérité sont fanatiques et dangereuses pour l’humanité. Lorsque l’Occident déclare la guerre à d’autres civilisations pour des raisons démocratique et économique, il le fait au nom de sa vérité. Il faut donc bien comprendre que l’expansionnisme et le néolibéralisme apparaissent aux membres de Daesh comme un fanatisme inacceptable. Le fanatisme, et le terrorisme qui l’accompagne, est donc le résultat de communautés qui croient recevoir la vérité d’un dieu qu’ils imaginent, idéalisent et idolâtrent. Ils prétendent parler au nom de ce dieu qui n’existe pas.

La seule vérité qui soit est que nous sommes toutes et tous mortels. C’est l’angoisse de cette mort qui terrorise le fanatisme et le fait agir de manière si violente. La foi consiste à accepter cette mort. Elle nous invite à reconnaître que  nous provenons tous d’un même fondement originel au-delà de nos différences culturelles. Elle naît donc d’une prise de conscience que nous sommes tous, dans le monde entier, sœurs et frères en humanité. Son contraire est l’ignorance : se permettre de juger en croyant tout savoir de la réalité d’une situation et être convaincu que nous avons raison. Dans la nuit du 15 au 16 novembre 2015, la France a répondu au terrorisme et au fanatisme de Daesh en bombardant l’une de ses bases stratégiques en Syrie. Etait-ce la bonne réponse sachant que l’Occident porte une partie importante de la responsabilité de ce qui se déroule au Proche-Orient ? C’était, en tout cas, une réponse de démonstration de force pour montrer que la France n’avait aucune intention de se laisser faire en acceptant, sans agir, le fanatisme de Daesh dans son pays. Le 16 novembre, François Hollande réunissant le Congrès a officiellement déclaré la guerre au terrorisme djihadiste. Une nouvelle guerre sournoise commence. La réponse à la violence par la violence conduit à la violence. Bienvenue aux générations futures dans un monde où l’histoire de l’humanité démontre, de manière déplorable, que l’être humain est incapable de générer la paix sur le moyen – long terme. L’histoire humaine est une succession de guerres. Et malheureusement, cela ne va pas s’arranger, je vois mal comment nous pourrions modifier un comportement compulsif et répétitif de 5000 ans d’histoire.

 

 God puts fanaticism to the test

New attacks have occurred in recent days in Paris, a challenge of terrorism and contempory fanaticism. To better understand its development, we need to go back to the etymology of words. « Terrorism » is derived from the Latin word « terror »: the terrorist therefore terrorizes and sows fear. « Fanaticism » meanwhile, comes from fanaticus. It refers directly to the fanum temple. It literally means « to be possessed » or « delirious ». The concept of temple here leads us back to the meaning of the sacred « that which is initiated to the rite » in Sanskrit and « to make inviolable and prohibit » in Latin Sancio (sacer). From this etymology, I can therefore formulate a clearer definition. The fanatic is a delerious individual, possessed by a sacred power that makes him inviolable, to which has been initiated by a rite in a place forbidden to the profane. This initiation bestows unto him a power, the power to speak and act on behalf of the sacred. In religious language, the sacred is God. However, there are two types of sacred. I explained this at length in my book Paul Tillich et l’art expressionniste and in the section on leadership in my latest book The leadership of love.

To understand the expression of God, we need to go back to the distinction between belief and faith. Belief is to believe that God exists. It invests the believer with a mission in which he believes he holds the truth as he receives it directly from God. On the other hand, faith is believing that God gives life; taking man back to the very beginnings of humanity. It submits him to the original principle that he comes from dust and at the time of his death he will return to dust. So we can distinguish two kinds of sacred: the demonic sacred (belief) and the sacred (faith). Thus, when the fanatical believer kills in God’s name, he develops a demonic form of violence denying humanity to which he belongs by thinking himself above the other individuals of the human community. He is equal to God. He belongs to a group of privileged ones having a direct relationship with God. Faith, on the other hand, creates a sense of humility from being aware of the smallness of man in front of God. He is inferior and subjected to God. The man of faith is fully aware that he belongs to the same human community in which each and everyone are brothers and sisters in humanity. Faith cannot generate fanaticism but acceptance and recognition that we all belong to the same sacred foundation that unites us: the power of the origins, the original principle, the unconditioned, the great architect … he that we call God. Incidently, it is not for nothing that the Koran literally means « recitation » and « submission » (aslama).

The attacks in Paris dated 13 November 2015 claimed by Daesh (ISIS) are a horrible and unfortunate result of jihadi terrorists and Muslim fanatics. First of all, it is about a very small number of believers belonging to radical Islam. So we should not allow ourselves to believe that the entire Western Muslim community identifies itself with this fanaticism. Then, Daesh was formed in 2006 to fight in the name of Allah and rehabilitate a religious and non-secular Islam in Arab-Muslim countries. But there are two other reasons which Westerners should be careful to remind themselves regarding its foundations: the fight against the Western neoliberal expansionism from the colonization process which refuses the Daesh model by its affiliation with al-Qaeda; and the battle against a West which has been imposing its geopolitical rules in this area for over 150 years to take advantage of oil-related benefits. This shows us that religion does not have the monopoly of belief. All political and socio-economic beliefs (Nazism, Marxism and neo-liberalism as an example), atheist, agnostic and religious which let their followers suppose they hold the truth are fanatical and dangerous for mankind. When the West declares war on other civilizations for democratic and economic reasons, it does so on behalf of its truth. We must therefore understand that expansionism and neo-liberalism appears to members of Daesh as unacceptable fanaticism. Fanaticism and terrorism that accompanies it, is therefore the result of communities who believe they receive the truth of a God they imagine, idealize and idolize. They claim to speak in the name of a god that does not exist.

The only truth is that we are all mortal, one and all. It is the fear of death that terrorizes fanaticism and makes it act in such a violent manner. Faith is to accept death. It makes us see and recognize that beyond our cultural differences we all come from the same original foundation. From there which is born an awareness that we are all, all around the world, sisters and brothers in humanity. Its opposite is ignorance: to allow onself to judge, believing to be all knowing of the reality of a situation and being convinced that one is right. On the night of November 15 to 16 2015, France responded to Daesh terrorism and fanaticism by bombing one of its strategic bases in Syria. Was that the right answer knowing that the West bears a large part of the responsibility for what is happening in the Middle East? It was, anyway, a demonstration of force in response to show that France had no intention to let it go by accepting, without action, the fanaticism of Daesh in its own country. On November 16, François Hollande attended the Congress and officially declared war on jihadist terrorism. A new sneaky war begins. The answer to violence with violence leads to violence. So welcome to future generations in a world where history demonstrates, deplorably, that the human being is unable to generate peace in the medium – long term. Human history is a succession of wars. And unfortunately, this will not sort itself out, I cannot see how we could change a compulsive and repetitive behavior that has been going on in 5000 years of history.

 

Il fanatismo a prova di Dio

I nuovi attentati, avvenuti in questi ultimi giorni a Parigi, interpellano sul fanatismo e sul terrorismo contemporanei. Per comprendere meglio come si producono, è interessante dare uno sguardo all’etimologia delle parole. Terrorismo deriva dal latino terror: il terrorista agisce quindi per terrorizzare e per fare paura. Fanatismo deriva invece dal latino fanaticus. Rinvia direttamente al sostantivo fanum: il tempio. Essere fanatico significa letteralmente “essere posseduto”, o ancora “delirante”. La nozione di tempio ci porta a quella di sacro che significa “iniziato attraverso il rito” in sanscrito e “rendere inviolabile e proibito”, in latino sancio (sacer). Partendo da questa etimologia, posso tentare di formulare una definizione più chiara. Il fanatico è un individuo delirante, posseduto da una potenza sacra che lo rende inviolabile, alla quale è stato iniziato attraverso un rito in un luogo proibito ai profani. Questa iniziazione gli conferisce un potere, parlare e agire in nome del sacro. Nel linguaggio religioso, il sacro è Dio. Esistono due tipi di sacro…ho a lungo spiegato queste differenze nel mio libro Paul Tillich e l’arte espressionista e nel capitolo consacrato alla leadership nella mia ultima opera La leadership dell’amore.

 Per capire meglio la definizione di Dio, è necessario distinguere credenza e fede. La credenza consiste nel credere che Dio esista, ciò investe il credente di una missione nella quale egli è convinto di detenere la verità poiché l’ha ricevuta direttamente da Dio. Al contrario la fede implica la certezza che Dio doni la vita; si rifà all’uomo e alla sua umanità atavica. Lo sottomette al principio originale secondo cui, provenendo l’uomo dalla polvere, egli ritornerà polvere nell’ora della sua morte. Possiamo perciò distinguere due tipi di sacro: il sacro demonico (la credenza) e il sacro (fede). Quando il credente fanatico uccide in nome di Dio, manifesta quindi una forma di violenza demonica che nega l’umanità di cui è membro, pensando al di sopra degli altri individui della comunità. Agisce come se fosse al pari di Dio, appartiene ad un gruppo di privilegiati che immagina di essere in relazione diretta con Lui. La fede, al contrario, genera un sentimento di umiltà che proviene proprio dalla presa di coscienza della propria limitatezza rispetto a Dio. L’uomo di fede è inferiore e sottomesso a Dio. L’uomo di fede è consapevole di fare parte di un’unica comunità umana nella quale siamo tutti fratelli e sorelle. La fede non può generare il fanatismo ma l’accettazione e il riconoscimento che siamo tutti legati dal medesimo imprescindibile fondamento sacro: il potere delle origini, il principio originale, l’incondizionato, il grande architetto…colui che chiamiamo Dio. D’altra parte, non è per nulla che la parola Corano significa letteralmente “recitazione liturgica, lettura ad alta voce” e “sottomissione” (aslama).

Gli attentati di Parigi del 13 novembre 2015 rivendicati dallo Stato Islamico sono il risultato orribile e nefasto del terrorismo jihadista e fanatico musulmano. Prima di tutto, si tratta di un piccolo numero di credenti appartenenti ad un islam radicale. Non si dovrebbe quindi far credere agli occidentali che la comunità musulmana si identifichi in questo fanatismo. Secondariamente, lo Stato Islamico si è costituito nel 2006 per combattere in nome di Allah e riabilitare un islam confessionale e non laico in seno ai paesi arabo-musulmani. Ci sono però altre due ragioni che l’Occidente si guarda bene dal ricordare: la lotta contro l’espansionismo neoliberale occidentale, che affonda le sue radici nel processo di colonizzazione portatore di un modello che lo Stato Islamico rifiuta in quanto affiliato ad Al-Qaïda; e il combattimento contro un Occidente che impone le sue regole geopolitiche in questa regione da oltre 150 anni per approfittare dei vantaggi legati al petrolio. Questo ci dimostra che la religione non detiene il monopolio della credenza. Ogni credenza politica, sociale, o economica che sia, (nazismo, marxismo o neoliberalismo a titolo d’esempio), atea, agnostica o religiosa, lasciando supporre agli adepti di essere detentori della verità, è comunque potenzialmente fanatica e pericolosa per l’umanità. Nel momento in cui l’Occidente dichiara guerra ad altre civiltà per delle ragioni democratiche ed economiche, lo fa in nome della sua verità. Sarebbe dunque importante capacitarsi del fatto che l’espansionismo e il neoliberismo sono a loro volta percepiti dai membri dello Stato Islamico come un fanatismo inaccettabile. Il fanatismo e il terrorismo sono il risultato scaturito dalla credenza di ricevere una verità da un dio che viene immaginato, idealizzato e idolatrato. Si ha la pretesa di parlare in nome di questo dio che non esiste.

La sola verità indiscutibile è che siamo tutti e tutte mortali. È l’angoscia di questa morte che terrorizza il fanatismo e lo fa agire in maniera così violenta. La fede consiste nell’accettare questa morte. Ci invita a riconoscere che proveniamo tutti da uno stesso fondamento originale al di là delle nostre differenze culturali. Nasce da una presa di coscienza che siamo fratelli e sorelle nella nostra umanità. Il suo contrario è l’ignoranza: essa si permette di giudicare credendo di sapere tutto della realtà di una situazione, l’ignoranza scaturisce dalla convinzione di avere ragione. Nella notte tra il 15 e il 16 novembre 2015, la Francia ha risposto al terrorismo e al fanatismo dello Stato islamico bombardando una delle sue basi strategiche in Siria. Era la giusta risposta sapendo che l’Occidente ha una parte importante di responsabilità di quanto avviene in Medio-Oriente? In ogni caso, era una risposta mirata a dimostrare che la Francia non ha alcuna intenzione di lasciarsi intimorire accettando senza agire il fanatismo dello Stato Islamico nel proprio territorio. Il 16 novembre Francois Hollande riunendo il Congresso ha ufficialmente dichiarato guerra al terrorismo jihadista. Una nuova guerra ipocrita comincia. La risposta alla violenza con la violenza conduce ad altra violenza. Siano benvenute le generazioni future nel mondo dove la storia dell’umanità prova in maniera deplorevole, che l’essere umano è incapace di mantenere la pace a medio-lungo termine. Le vicende umane sono un susseguirsi di guerre. Sfortunatamente, sembra non esserci alcun rimedio, stento a prevedere una trasformazione di questo comportamento compulsivo e ripetitivo che ha 5.000 anni di storia.

 

 

Volkswagen, la voiture du peuple ou le scandale allemand ?

Par Emmanuel Toniutti

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Selon la presse allemande, la tricherie qui aurait été conçue il y a plus de huit ans aurait été connue de nombreux dirigeants de l’entreprise. Et oui même les allemands, que nous savons disciplinés, sérieux, respectueux de l’ordre et des procédures, ne sont pas infaillibles. Jusque-là Volkswagen, c’était « Das Auto ».

Des tests anti-pollution truqués pour vendre plus de voitures ! Un fournisseur, Bosch, qui aurait fourni le logiciel pour des essais et aurait averti des risques de tricherie encourus par son utilisation ! Onze millions de véhicules concernés, vingt-neuf milliards de dollars de perte de valeur en bourse en dix jours et dix-huit milliards de dollars de dommages et intérêts potentiels à payer aux USA, voilà ce que pourrait coûter cette petite folie non éthique. Un bel exemple qui exprime comment une stratégie court terme obsédée par l’argent peut ruiner une réputation et une action sur son marché en très peu de temps.

Mais qui est responsable ? La pensée néolibérale ambiante qui a soumis le marché à la dictature de la création de valeur actionnariale depuis le début des années 1980 ? Des dirigeants esclaves des exigences des actionnaires, des fonds d’investissement et des fonds de pension ? Des décideurs dans l’incapacité d’exercer leur liberté de conscience dans la prise de décision ? Pourtant le cadre de référence de Volkswagen est clair : trois piliers (responsable, tournée client, performance) et cinq valeurs (respect, convivialité, engagement, créativité, simplicité). Celui-ci définit consciencieusement la culture de l’entreprise Volkswagen mais n’a pourtant pas empêché l’erreur fatale. Cela nous rappelle d’autres cas de la même espèce : Enron, Andersen, Lehman Brothers, UBS, Wegelin, Parmalat, Siemens, Nike, Apple…et tant d’autres.

Je retiens deux leçons du cas Volkswagen. La première, l’être humain est un animal en danger de mort permanente ; sous pression, l’angoisse inconsciente active naturellement son inconscient reptilien et sa peur de manquer. Il a dans ce cas une tendance naturelle à vouloir accumuler car cela le rassure. L’argent devient alors une obsession qui a pour objectif de le protéger de l’angoisse de mourir. Tous les moyens sont bons pour survivre. La deuxième, l’exercice de la responsabilité n’est pas naturel. Il ne suffit pas de définir un cadre de référence vertueux encore faut-il que les dirigeants et les managers s’entraînent continuellement à le mettre en pratique dans leurs décisions et leurs plans d’action. Sans cette phase d’entraînement en amont, les piliers et les valeurs sont de belles paroles inscrites dans le marbre du hall du siège social de l’entreprise et restent lettre morte.

Nous, les êtres humains, sommes tous faillibles, nous ne sommes pas des êtres parfaits. Mais sous stress nous croyons tous par vanité, cupidité et orgueil, que l’argent peut nous sauver de la mort. Au contraire, l’argent nous éloigne de nous-mêmes, son obsession nous conduit à imaginer ce que nous ne sommes pas, des petits dieux immortels. Nous nous mentons à nous-mêmes, l’argent ne nous sauve pas. S’il peut durant un temps nous illusionner sur notre destin, il repousse l’échéance jusqu’au jour où notre vie nous convoque devant la vérité de ce que nous sommes : rien. Comme le dit l’évangile de Jean, nous sommes tous égaux, « le maître n’est pas plus grand que le serviteur, le serviteur pas plus grand que le maître ».

Le scandale Volkswagen n’est que la suite d’une répétition de cas qui se sont déjà produits et d’une autre suite de cas à venir si nous ne prenons pas en considération le fait que la mise en pratique des valeurs dans l’entreprise n’est pas naturel. Nous pouvons en faire un outil de leadership à cette seule condition de nous entraîner, à travers la simulation de cas de crises potentielles, à les mettre en œuvre du mieux que nous pouvons pour le bien commun de l’entreprise et du monde dans lequel nous vivons.

Sommes-nous victimes de mensonge et de manipulation ou pouvons-nous croire à un vrai changement pour le futur ? Les grandes entreprises se soucient-elles vraiment de la pollution et du réchauffement climatique ou s’intéressent-elles seulement à leur intérêt financier égoïste immédiat ? N’y-aurait-il pas maintenant urgence à réagir pour développer une autre vision dans le monde des affaires ?

 

Volkswagen, the people’s car or a German scandal?

According to the German press the cheating that had been committed more than 8 years ago would have been known to many of its company executives. And yes even the Germans that we know of as being disciplined, serious, respectful of order and procedures are not infallible. Up until now, Volkswagen was « Das Auto ».

 

Faked pollution tests to sell more cars! A supplier, Bosch, which would have provided the software for testing and had warned of the risks of cheating in its use! Eleven million vehicles concerned, twenty-nine billion dollars in stock market value loss in ten days and eighteen billion dollars in potential damages and interest to pay in the US, this is what this little unethical madness could cost. A great example that shows us just how a short-term strategy of being obsessed with money can ruin a reputation and market share, all in a very short time.

But who is responsible? Is it the reigning neoliberal thinking that has submitted the market to the dictatorship of the creation of shareholder value since the early 1980s? Leaders enslaved to the demands and requirements of shareholders, investment and pension funds? Leaders unable to exercise their freedom of conscience in their decision making? Yet the Volkswagen mission framework is clear: three pillars (responsible, customer rounds and performance) and five values (respect, friendliness, commitment, creativity and simplicity). This carefully defines the culture of the Volkswagen company, but did not prevent the fatal error. This reminds us of other cases of the same sort: Enron, Andersen, Lehman Brothers, UBS, Wegelin, Parmalat, Siemens, Nike, Apple and many more…

I draw two lessons from the Volkswagen case. The first, the human being is an animal in danger of permanent death; under pressure, the unconscious anxiety which naturally activates his reptilian unconscious and his fear of missing out. It has in this case a natural tendency to accumulate as it reassures. Money becomes an obsession that aims to protect from the anguish of death. All means are good to survive. The second, the exercise of responsibility is not natural. It is not enough to define a virtuous framework. Leaders and managers need continually to be trained to put it into practice in their decisions and action plans. Without an upstream training phase, pillars and values are fine words inscribed in the marble of company lobbies and head office receptions, that lay unheeded.

We human beings are all fallible, we are not perfect. But under stress we all believe in vanity, greed and pride that money can save us from death. Instead, the money takes us away from ourselves, its obsession leads us to imagine what we are not, little immortal gods. We lie to ourselves, money cannot save us. If it can for a time deceive us about our fate, it pushes the deadline of our calling, when our life calls us to the truth of what we are: nothing. In the words of John’s Gospel, we are all equal, « the master is not greater than the servant, the servant not greater than the master. »

The Volkswagen scandal is only the result of a repetition of cases that have already occurred and another series of those to come if we do not take into account the fact that the implementation of values ​​in the company is not natural. We can make of this a leadership tool on the sole condition of training us, through the simulation of cases of potential crises, to implement these values as best we can for the common good of the company and the world we live in.

Are we victims of lies and manipulation, or can we believe in real change for the future? Large companies do they really care about pollution and global warming, or are they only interested in their immediate selfish financial gain? As of today, is there no urgency to act now to develop another vision of the business world?

 

 

 

Volkswagen, la macchina del popolo oppure lo scandalo tedesco?

Secondo la stampa tedesca, questa truffa sarebbe stata progettata più di otto anni fa, e ne sarebbero stati a conoscenza numerosi dirigenti d’impresa. Ebbene sì, anche i tedeschi, che conosciamo come disciplinati, seri, rispettosi dell’ordine e delle procedure, non sono infallibili. Fino a questo momento Volkswagen, era “Das Auto”.

Dei test anti inquinamento truccati per vendere più automobili! Un fornitore, Bosch, avrebbe fornito il software per le prove e avrebbe avvertito dei rischi possibili di incorrere nel reato di frode attraverso il suo utilizzo. Undici milioni di veicoli interessati, ventinove miliardi di dollari di perdita di valore in borsa in dieci giorni e diciotto miliardi di dollari in danni e interessi potenziali da pagare agli Stati Uniti, ecco cosa potrebbe costare questa piccola follia non etica. Un bell’esempio che mostra chiaramente come una strategia a breve termine ossessionata dal denaro possa rovinare una reputazione e le quote in borsa di un’azienda in pochissimo tempo.

Ma chi è responsabile ? L’attuale ideologia neoliberale, che ha sottomesso il mercato alla dittatura della creazione di valore azionario a partire dagli inizi degli anni ’80? I dirigenti schiavi delle esigenze degli azionisti, dei fondi di investimento e dei fondi pensione? I politici incapaci di esercitare la loro libertà di coscienza nella presa di decisione? In ogni caso, il quadro di riferimento di Volkswagen è chiaro: tre pilastri (strategia responsabile, tale strategia è orientata alla soddisfazione del cliente, ed è efficace) e cinque valori (rispetto, convivialità, impegno, creatività, semplicità). Tutto ciò definisce consapevolmente la cultura d’impresa Volkswagen ma non ha tuttavia impedito l’errore fatale. Questo episodio ci ricorda altri casi dello stesso tipo: Enron, Andersen, Lehman Brothers, UBS, Wegelin, Parmalat, Siemens, Nike, Apple…e molti altri.

Possiamo imparare due lezioni dalla vicenda Volkswagen. La prima, l’essere umano è un animale e si sente perennemente in pericolo di morte; sotto pressione, l’angoscia incosciente viene attivata naturalmente dal cervello rettile, e fa emergere la paura di perdere. In questi casi, c’è una tendenza naturale a voler accumulare, nel tentativo di sentirsi rassicurati. Il denaro diventa allora un’ossessione che ha come obiettivo quello di proteggerci dall’angoscia di morire. Ogni mezzo è buono per sopravvivere. La seconda lezione consiste nell’ennesima conferma che l’esercizio della responsabilità non è affatto naturale. Non è sufficiente definire un quadro di riferimento virtuoso, è necessario che dirigenti e manager si allenino di continuo a metterlo in pratica nelle loro decisioni e piani di azione. Senza questa fase di esercitazione a monte, pilastri e valori non sono nient’altro che belle parole, esposte talvolta sui muri d’ingresso delle sedi sociali delle aziende e restano lettera morta.

Noi, esseri umani, siamo tutti fallibili, non siamo esseri perfetti. Tuttavia, quando siamo sotto stress, crediamo tutti, per vanità, per cupidigia e orgoglio, che il denaro possa salvarci dalla morte. Al contrario, il denaro ci allontana da noi stessi, la sua ossessione ci conduce a immaginare ciò che non siamo, piccoli dei immortali. Mentiamo a noi stessi, il denaro non ci salverà. Forse può, per un certo periodo, illuderci a proposito del nostro destino, esso può semplicemente rimandare il momento in cui nella nostra vita saremo convocati di fronte alla verità di ciò che siamo: nulla. Come recita il Vangelo di Giovanni, siamo tutti uguali, “il maestro non è più grande del servo, il servo non è più grande del maestro”. Lo scandalo Volkswagen, non è che il risultato di una ripetizione di situazioni che si sono già verificate, e altre ancora ne verranno se noi non iniziamo a prendere in considerazione il fatto che la messa in pratica dei valori dell’impresa non è naturale. Tali valori, possono rappresentare uno strumento di leadership alla sola condizione di allenarci, attraverso la simulazione di casi di crisi potenziali, a metterli in opera facendo del nostro meglio per il bene comune dell’impresa e per il mondo in cui viviamo.

Siamo vittime della menzogna e della manipolazione o possiamo credere ad un vero cambiamento per il futuro ? Le grandi imprese si preoccupano veramente dell’inquinamento e del riscaldamento globale o si interessano solo al proprio interesse finanziario egoista e immediato ? Non ci sarebbe a questo punto un’urgenza a reagire per sviluppare un’altra visione nel mondo degli affari ?

 

Où sont nos leaders ?

Par Emmanuel Toniutti

English version below
Versione italiana sotto

 Le leadership nécessite avant tout de croire en soi et à ce que nous entreprenons. Comment donner du sens, affronter les crises, conduire les conflits et s’adapter au changement si ce n’est par la confiance que nous avons en nous-mêmes ? La confiance ne se décrète pas, elle se construit. Elle est le résultat de la capacité personnelle à accepter ses faiblesses, à assumer ses forces et à savoir intégrer ses propres doutes. À partir de là, nous pouvons bâtir une équipe solide avec laquelle nous allons, en commun, partager des valeurs humaines fortes, identifier une vision du futur réaliste et ambitieuse, définir des objectifs stratégiques clairs à atteindre sur un temps défini, mettre en place des règles de fonctionnement simples et efficaces mais aussi évoquer les doutes qui nous traversent. Ces conditions réunies, nous serons en mesure de transmettre du sens, traverser ensemble les difficultés auxquelles nous serons confrontés et prendre les décisions qui s’imposent en face des situations délicates. La réalité est cependant loin de la théorie. Où sont nos leaders ? Nos meneurs ? Nos chefs de meute ? Ils sont malheureusement souvent très loin du terrain, très éloignés des problématiques que leurs managers et leurs collaborateurs ont à gérer au quotidien, satellisés dans les sphères du pouvoir et de l’argent.

En règle générale, toutes cultures confondues, l’absence des leaders sur le terrain peut essentiellement provenir de trois facteurs : soit ils manquent cruellement de réalisme, soit ils n’osent pas dire la vérité par lâcheté ou bien par peur du résultat de l’effet de cette vérité sur les personnes, soient ils sont impuissants. Comme nous le rappelle Aristote dans son Éthique à Eudème, le courage est le juste équilibre entre la lâcheté et la témérité. Il existe beaucoup de lâches, de nombreux téméraires et peu de courageux. Le courage n’est pas naturel à l’être humain. Il se construit, il demande entraînement, accompagnement, confrontation à ce que nous n’aimons pas de nous-mêmes et des autres. Bien que chacun de nous puisse être courageux, la lâcheté et la témérité sont souvent le résultat d’un manque de réalisme. Afin de comprendre pourquoi nous manquons cruellement de leaders aujourd’hui, il nous faut donc regarder la réalité de l’environnement mondial dans lequel ils évoluent quotidiennement.

Sur le plan politique, les États sont soumis au pouvoir de la finance, des banques et des fonds d’investissement. Ce sont le Fonds Monétaire International et la Banque Centrale Européenne pour ce qui concerne l’Occident qui, à titre d’exemple, décident pour les États européens. Et ceux-ci, plongés dans une situation complexe difficile, gèrent leurs finances sans être en mesure de réduire leurs déficits. La question leur est posée de partager équitablement les ressources. Les déficits étatiques sont le résultat du gaspillage et des acquisitions inutiles qui servent le pouvoir et la réélection de certains à défaut de servir, comme il se devrait, le citoyen.

Sur le plan économique, les entreprises sont soumises à la dictature de la finance ultralibérale d’origine américaine et des grands groupes financiers et industriels qui fonctionnent sous forme de monopoles, imposant leurs règles de fonctionnement à leurs fournisseurs et à leurs clients. Le retour sur investissement à deux chiffres est devenu une obsession, voire une quête mythique. Nos dirigeants osent nous parler de reprise de la croissance. Mais la vérité est que la croissance, telle que nous l’avons connue jusqu’à aujourd’hui en Occident, est terminée. Nous avons atteint le maximum de nos possibilités de développement actuel. Il va falloir nous orienter différemment pour le futur. La vérité est que nous avons privilégié de manière généralisée le modèle de création de valeur pour l’actionnaire en oubliant que toute entreprise et organisation se constituent d’abord pour créer de la valeur pour le client. Nous avons détruit nombre de nos potentialités créatrices. En ce sens, la crise des subprimes de 2008, bien qu’il fût enseigné dans toutes les Grandes Écoles que la crise systémique était impossible, nous a montré les limites d’un système valorisant essentiellement le critère de réussite de l’argent.

Sur le plan social, nous voyons se dessiner un fossé grandissant entre les populations de classes riches et celles moyennes et pauvres. Cette situation est le terreau de la colère et du désespoir. Ces sentiments ne peuvent avoir que deux issues : renoncer au combat pour la vie ou se révolter. Le « printemps arabe » dans les pays arabo-musulmans, le courant des « indignés » en Europe, « Occupy Wall Street » à New York et « Occupy Central » à Hong Kong  ont été, à titre d’exemple, l’une des formes de cette révolte laissée jusqu’ici inachevée. Dans un autre registre, toujours dans le domaine social et même si cela aura des conséquences de bien-être probable pour le futur, la révolution digitale impose une accélération du rythme de vie considérable sur lequel les entreprises ont du mal à bâtir des nouveaux modèles de management qui permettent de maintenir un certain équilibre entre la performance économique et le respect de l’être humain. L’augmentation du stress fait croître le nombre potentiel de dépressions.

Sur le plan géopolitique, la Chine a définitivement pris le chemin du leadership mondial, détenant plus de 30% des bons du trésor américain. Même si la Chine sera traversée par les turbulences d’un pays dont la croissance va commencer à diminuer, elle a réussi à convaincre il y a un an ses partenaires russe, indien et brésilien de créer la Nouvelle Banque de Développement pour concurrencer stratégiquement le Fonds Monétaire International. Elle va désormais poursuivre et finaliser sa colonisation financière de l’Occident, savamment ébauchée depuis l’ouverture de la Chine au capitalisme au début des années 1990 selon les règles précises de l’art de la guerre. Toutefois, le ralentissement de son économie démontre qu’il n’y a pas, du point de vue du leadership mondial, de héros invulnérable.

Sur le plan de la religion, la montée en puissance des extrémismes radicaux en tout genre souligne le retour du sacré sous sa forme violente et démonique indiquant une recherche de sens désespérée de l’être humain du point de vue spirituel. L’Occident a pour sa part fait d’un courant de l’Islam son bouc émissaire. La chute des tours du World Trade Center à New-York en 2001 a précipité l’entrée dans un conflit violent latent depuis des siècles. La constitution d’un État islamique pourrait être interprétée comme le résultat de la prétention américaine à vouloir à tout prix instaurer une démocratie inspirée du christianisme puritain calviniste totalitaire. Dans le domaine de la religion, les inconscients collectifs qui se réveillent aujourd’hui sous la forme du radicalisme sont le résultat de l’histoire. La négation des différences culturelles, à travers la mise en place d’un modèle religieux universel appelé mondialisation, conduit nécessairement à la révolte identitaire. Le système de la mondialisation est en effet le résultat de la mise en œuvre de la croyance selon laquelle les États-Unis ont pour mission, selon le plan de Dieu sur l’humanité, de sauver le monde. Il s’agit d’une croyance combinant religion et capitalisme néolibéral qui a pour objectif de convaincre les États qu’elle est le remède à tous les maux, sans distinction sur le plan culturel.

Sur le plan de la défense, les américains surveillent l’ensemble de la planète à travers leur programme de la NSA et leurs outils de médias sociaux dédiés à envahir le marché du village mondial. Il y a là un enjeu militaire, économique et d’opportunités d’affaires dont seuls les chinois ont bien compris les tenants et les aboutissants en créant leurs propres outils numériques et digitaux sociaux de surveillance. Les russes se sont concrètement ralliés à leur pouvoir. De leur côté, les Européens rêvent doucement, voire béatement, d’un traité transatlantique qui réglerait le problème de la cyberdéfense et de la croissance. De ce point de vue, l’Europe est devenu l’otage des américains. Cela pose la question du respect du droit et des règles à la concurrence dont le marché sait bien qu’il est régulièrement bafoué par tout un chacun.

Enfin, sur le plan environnemental, nos industries qui n’ont cessé de fabriquer des produits et services dont les départements de marketing se sont saisis pour mieux nous vendre tout ce dont nous n’avions pas besoin, ont pollué la planète et nos cerveaux. Aucun accord de mise en œuvre réelle d’une politique mondiale qui consisterait à réduire les effets négatifs de nos modes de fonctionnement sur la planète n’a été concrètement mis en pratique à ce jour. À titre d’exemple, la conférence sur le climat (COP 21) qui aura lieu en France en fin d’année 2015 constitue une chance extraordinaire pour les leaders de démontrer qu’ils ont le courage nécessaire de changer le monde.

Et pourtant, au-delà de ce tableau noir de la réalité, il existe partout sur le terrain des potentialités créatrices de développement émergeant de personnes et de petites communautés exceptionnelles. Les nouvelles générations s’adaptent différemment, elles ne manquent pas d’idées et fonctionnent déjà sous un mode de rejet tribal de la société de globalisation. Les réseaux sociaux démultiplient les possibilités d’expansion du savoir culturel, ils mobilisent une intelligence collective, des modèles d’économie collaborative, sociale et solidaire. Certaines entreprises créent de nouveaux modèles de leadership éthique et responsable respectueux de la nature et de l’être humain. Plusieurs ont déjà, avec urgence, envisagé une croissance différente intégrant une économie revue et corrigée misant sur les technologies vertes, sur l’imposition d’un prix sur le carbone et sur l’entrepreneuriat social. Une partie de l’humanité croit en l’humanité. Mais la majorité de nos leaders actuels ne croient pas en l’humanité. Ils croient en leur réussite, en leur réélection, en leur performance. Ils croient aux cours de bourse. Ils se laissent dicter le chemin de l’avenir par la finance.

Un vrai leader ne se laisse rien imposer. Il écoute, il invente, il crée, il oriente, il prend conscience que son rôle est au service du destin de l’humanité. Il dessine un plan de bataille révolutionnaire dont la source émerge de lui-même, de son entourage et d’une énergie créatrice qui lui est donnée pour servir ses citoyens, ses employés, ses semblables. Le leadership ne s’improvise pas, il s’élabore pas à pas, dans la confrontation à soi, aux autres et au monde. La mauvaise connaissance de soi est l’un des échecs majeurs du leadership. Comment nos leaders se préparent-ils à affronter les temps de changement et de mutation qui viennent ? Combien de temps nos leaders consacrent-ils à la conduite de leurs peurs et de leurs angoisses existentielles ? Une tendance générale consiste à croire que le leadership s’exerce à travers la maîtrise de la communication. La meilleure communication qui soit, pour un leader, est de dire la vérité. Leurs conseillers en communication ne vont pas en ce sens. La croissance telle que nous l’avons connue n’est plus possible, la réalité est que nous devons changer nos habitudes de pays riches, habitués à consommer et à gaspiller sans compter, achetant des objets inutiles. Comment redonner le sens commun aux autres si nous ne l’avons pas déjà pour nous-mêmes ? Comment être au service de quelque chose de plus grand que soi, si nous nous centrons sur notre réussite individuelle ? Comment mettre en pratique la solidarité et la loyauté si nous ne développons pas des modèles de leadership participatif et collaboratif ? L’Europe est un bon exemple à ce sujet.

Les institutions européennes coûtent très chères, l’Europe a été construite autour d’un traité économique qui n’a jamais consisté à intégrer les différences culturelles des pays constitutifs comme une richesse, donc l’Europe ne réglera pas le problème des États. L’Europe ne détient pas le leadership sur le monde, ce sont les banques d’affaires, les chinois et les américains. Alors que faire ? Inventer de nouveaux modèles de leadership qui permettent de contrer la puissance des américains et des chinois. Comment ? D’abord, en redéfinissant des valeurs qui s’inspirent de la relecture de nos mythes fondateurs : les spiritualités égyptienne, grecque, latine, chrétienne, celles de la Renaissance, des Lumières et de notre monde moderne, les uns ne devant absolument pas exclure les autres. Puis, en bâtissant des stratégies qui reprennent le chemin délaissé de la création de valeur partenariale dont le modèle s’inscrit dans la relation intime et étroite de service pour le client. Ensuite, en utilisant tous les nos nouveaux moyens de communication nécessaires à la mise en place d’une organisation qui permette de mettre en œuvre ces nouvelles stratégies. Enfin, et c’est là le point crucial manquant du leadership aujourd’hui, en travaillant tant sur le plan individuel que collectif à développer des comportements vertueux cohérents avec nos valeurs. Ces comportements devront être détachés de l’obsession de l’argent, ils devront renouer avec la volonté de remettre le client comme unique source de création de valeur de nos organisations. La performance économique qui en découlera devra être comprise comme une conséquence et non un but.

Le temps n’est plus, ni aux propositions, ni aux négociations, mais à l’action. Le leadership n’est pas une proposition mais une révolte contre l’optimisme irréaliste. Un vrai leader a la capacité à rassembler ceux qui sont prêts à le suivre pour envisager une nouvelle vision pour le monde, pour la mettre en œuvre et redonner ainsi confiance à l’humanité, et ici en l’occurrence à l’Occident. Et là pour le moment, à ce sujet, sur le terrain, très peu de leaders de ce type se font jour. Bergson disait : « le futur ce n’est pas ce qui va se passer mais ce que l’on va faire », je pose la question : qu’allons-nous faire ? Qui va le faire ?

 

Where are our leaders?

 Leadership requires above all to believe in oneself and what one does. How can one make sense, confront crisis, lead conflicts and adapt to change without inner-self confidence? Confidence is not decreed, it is built. It is the result of ones ability to accept ones own weaknesses, to assume ones strengths and to know how to integrate ones own doubts. From therein, we can build a strong team with which, together, we share strong human values, identify a realistic and ambitious vision of the future, set clear strategic objectives over a set time, set up simple and effective rules of operation but also raise any doubts that may come to us. With all these conditions put together, we will be able to convey meaning, through all the challenges we face and take necessary decisions when faced with difficult situations. Reality is far from theory. Where are our leaders? Our leaders? Our pack leaders? Unfortunately they are often very far from the ground, far removed from the issues that their managers and their employees have to deal with on a daily basis. They are in orbit, in the spheres of power and money.

Generally and considering all cultures, the lack of leaders in the field can come primarily from three factors: either they are desperately short of realism, either they do not dare to tell the truth out of cowardice or fear of the consequence of this truth on people or their own person, or they are powerless. As Aristotle reminds us in his Eudemian Ethics, courage is the right balance between cowardice and rashness. There are many cowards, numerous fearless but of courageous only a few. Courage is not natural to the human being. It is built, it requires training, guidance and support, as well as confronting that we do not love in ourselves and others. Although each of us can be courageous, cowardice and recklessness often result from a lack of realism. To understand why we are desperately short of leaders today, we need to look at the reality of the global environment in which they live on a daily basis.

Politically, the States are subject to the power of finance, banking and investment funds. These being the International Monetary Fund and the European Central Bank regarding the West which, for example, decide for the European states. And these, whilst immersed in a difficult and complex situation, manage their finances without being able to reduce their deficits. They are asked to share resources equitably. State deficits are the result of wasteful and needless acquisitions that serve the power and re-election of some whilst failing to serve, as should be the case, the citizen.

On the economic front, companies are subject to ultra-liberal financial dictatorship of US origin and large financial and industrial groups that operate as monopolies, imposing their operating rules on their suppliers and their customers. The double-digit return on investment has become an obsession or even a mythical quest. Our leaders dare talk about growth recovery. But the truth is that growth as we have known up until today in the West is over. We’ve reached the maximum of our possibilities of current development. We’ll have to orient ourselves differently in the future. The truth is that we focused on a widespread value creation model for the shareholder forgetting that every company and organization exists in the first place to create value for the customer. We have destroyed much of our creative potential. In this sense, the subprime crisis of 2008, as was taught in all great schools as being impossible, showed us the limits of a system whose essentially valuing criteria was financial success.

On a social level, we now see a widening gap between the rich, the middle-classes and the poor. This makes a breeding ground for anger and despair. These feelings can have only two outcomes: give up the fight for life or revolt. The « Arab Spring » in the Arab-Muslim countries and the event of  « indignant » in Europe, « Occupy Wall Street » in New York and « Occupy Central » in Hong Kong were, for example, one form of revolt so far left unfinished. On another level, though still in the social field and even if there may be consequences regarding wellbeing for the future, the digital revolution demands an ever quickening speedy pace of life on which companies are struggling to build new models of management that keep the balance between economic performance and respect for the human being. Increased stress is increasing the potential number of depressions.

In geopolitical terms, China has definitely taken the path of global leadership, holding more than 30% of the US Treasury bonds. While China will go through the turmoil of a country whose growth will start to decrease, it nevertheless managed to convince a year ago its Russian, Indian and Brazilian partners to create a New Development Bank to strategically compete with the international Monetary Fund. It will now go on and finalize its financial occupation of the West, so cleverly etched out since the opening of China to capitalism in the early 1990s according to precise rules of warfare. However, its economic slowdown demonstrates that there is no, regarding global leadership, invulnerable hero.

In terms of religion, the rise of radical extremism of all kinds marks the return of the sacred in its violent and demonic form indicating a desperate search for meaning for the human being from a spiritual point of view. The West has made a part of Islam its scapegoat. The fall of the World Trade Center in New York in 2001 precipitated the entry into a violent conflict having being latent for centuries. The establishment of an Islamic state could be interpreted as the result of the US claim to want at all costs to establish a totalitarian democracy inspired by Puritan Calvinist Christianity. In the field of religion, unconscious groups awakening today in the form of radicalism are the result of history. The denial of cultural differences, through the establishment of a universal religious model called globalization unavoidably leads to a revolt of identity. The system of globalization is indeed the result of the implementation of the belief of the US; that their mission according to the plan of God for humanity is to save the world. It is a belief and combining religion with neoliberal capitalism which aims at convincing the States that it is the cure for all ills, indiscriminately, on a cultural level.

Regarding defense, the US monitor the entire planet through their NSA program and their social media tools dedicated to invade the global village market. There are military, economic and business stakes here which only the Chinese have understood the ins and outs of in creating their own digital tools and social digital surveillance. The Russians have in fact rallied to their power. For their part, Europeans quietly or blissfully dreaming, hope for a transatlantic treaty that would solve the problem of cyber defense and growth. From this point of view, Europe has become a hostage of the Americans. This raises the question of respect for law and the rules of competition in which the market is known to be regularly flouted by everyone.

Finally, in environmental terms, our industries that have continued to produce products and services that marketing departments have seized to better sell us what is needless and have polluted the planet and our brains. No actual implementation of a global political agreement that would be to reduce the negative effects of our operating modes on the planet has actually been put into practice so far. For example, the climate conference (COP 21) to be held in France in late 2015 is an extraordinary opportunity for leaders to show that they have the courage to change the world.

Yet beyond this dark picture of reality, there exists everywhere in the field a potential creative development emerging from exceptional individuals and small communities. The new generations are adapting differently, they do not lack ideas and are already operating in a mode of tribal rejection of the globalization of society. Social networks multiply the possibilities of expansion of cultural knowledge, they mobilize collective intelligence of collaborative economic models of social solidarity. Some companies are creating new ethical and responsible leadership models respectful of nature and the human being. Many already have, with urgency, envisaged a different growth economy including revised and corrected focusing on green technologies, on imposing a price on the carbon footprint and on social entrepreneurship. A portion of humanity believes in humanity. But the majority of our current leaders do not believe in humanity. They believe in their success, in re-election and their performance. They believe in the share price. They allow their futures to be dictated by finance.

A true leader never lets anything to be forced upon him. He listens, he invents, he creates, he directs, he realizes that his role is to serve the fate of humanity. He designs a revolutionary battle plan, which comes from himself, those around him and a creative energy that is given to him to serve his citizens, his employees and his equals. Leadership does not just happen, it is about taking the step to confront yourself, others and the world. Poor self-knowledge is one of the major failures of leadership. How do our leaders prepare themselves for the change of time and transfer to come? How long will our leaders spend driving their fears and angst? A general tendency is to believe that leadership is exercised through control of communication. The best communication, for a leader, is to tell the truth. Their communication advisors do not take this direction. Growth as we have known it is no longer possible, the reality is that we must now change our habits of rich nations, accustomed to consume and waste freely and in buying needless items. How to restore common sense to others if we have not already for ourselves? How can one serve something greater than ourselves, if we focus on our individual success? How can one practice solidarity and loyalty if we do not develop participatory and collaborative leadership models? Europe is a good example of this.

The European institutions are very expensive. Europe was built around an economic treaty that has never been able to integrate cultural differences as a richness for the countries that make it, so Europe will not solve the problem of States. Europe does not have the leadership in the world, it is the commercial banks, the Chinese and the Americans. So what can we do? Invent new leadership models to counter the power of the Americans and Chinese. How? First, by redefining the values ​​that are based on the reading of our founding myths: the Egyptian, Greek, Latin, Christian spirituality, those of the Renaissance, the Enlightenment and the modern world, one must definitely not to exclude other. Then, by building strategies that take up the abandoned path by the creation of stakeholder value whose model is based on an intimate and close relationship with the customer in order to better serve. Then by using all our new means of communication to set up and implement these new strategies. Finally, and this is the crucial point missing in leadership today, by working both individually and collectively to develop virtuous behaviors consistent with our values. These behaviors must be detached from the obsession with money, they will reconnect with the will of putting the customer first as the sole source of value creation of our organizations. Which will result in the economic performance being understood as a consequence and not a goal.

It is no longer time to propose or negotiate but to act. Leadership is not a proposal but a revolt against unrealistic optimism. A true leader has the ability to bring together those who are willing to follow him to consider a new vision for the world, to implement and thus restore trust in humanity and in this case here in the West. And here for the moment, on this point, on the ground, very few leaders of this type arise. Bergson said, « the future is not what will happen but what we will do with it, » I raise the question: what will we do? Who will do it?

 

 Dove sono i nostri leaders?

La leadership comporta prima di tutto credere in sé e in ciò che intraprendiamo. Come dare il senso, affrontare le crisi, gestire i conflitti e adattarsi al cambiamento senza passare attraverso la fiducia in noi stessi? La fiducia non si impone, si costruisce. È il risultato della capacità personale di accettare le proprie debolezze, di prendere in carico le proprie forze e saper integrare le proprie incertezze. A partire da qui, possiamo costruire un gruppo solido con il quale condividere dei valori umani forti, con il quale identificare una visione del futuro realista e ambiziosa, definire degli obiettivi strategici chiari, da raggiungere in un tempo stabilito, mettere in opera un regolamento semplice eppure efficace, ma anche evocare le perplessità che ci attraversano. Posto che si verifichino tutte queste condizioni, saremo allora in grado di trasmettere del senso, attraversare insieme le difficoltà con cui saremo confrontati e prenderemo delle decisioni che si imporranno in risposta a situazioni delicate. La realtà è tuttavia piuttosto lontana dalla teoria. Dove sono i nostri leaders? I nostri capibranco? Sfortunatamente sono spesso molto lontani dal campo, troppo distanti dalle problematiche che i loro managers e i loro collaboratori devono gestire quotidianamente, segregati come sono nelle loro gabbie dorate del potere e del denaro.

In linea di massima, trovando un comune denominatore tra le varie culture, l’assenza dei leaders sul campo proviene essenzialmente da tre fattori: hanno una spietata mancanza di realismo, non osano dire la verità per vigliaccheria o per paura del risultato, cioè dell’effetto di questa verità sulle persone, oppure sono impotenti. Come ci ricorda Aristotele nella sua opera Etica Eudemia: «il coraggio è il giusto equilibrio tra la viltà e la temerarietà».  Esistono molti codardi e molti temerari, ma pochi coraggiosi. Il coraggio non è naturale per l’essere umano. Si costruisce, richiede un accompagnamento, un allenamento, necessita un confronto con ciò che non amiamo di noi stessi e degli altri. Benché ciascuno di noi possa essere coraggioso, la vigliaccheria e la temerarietà sono spesso il risultato di una mancanza di realismo. Affinché si possa comprendere il motivo di questa enorme mancanza da parte dei leaders di oggi, dobbiamo quindi osservare la realtà dell’ambiente internazionale in cui evolvono ogni giorno.

Sul piano politico, gli Stati sono sottomessi al potere della finanza, delle banche e dei fondi d’investimento. Sono il Fondo Monetario Internazionale e la Banca Centrale Europea per quanto concerne l’Occidente ad esempio, che decidono per gli Stati membri. Questi ultimi, sommersi dalle difficoltà di una situazione complessa, gestiscono le loro finanze, senza essere in grado di ridurre i debiti. Ciò che viene loro chiesto è di condividere equamente le risorse. I debiti di Stato sono il risultato dello spreco e delle spese inutili che servono il potere, sono il risultato di una politica che mira alla rielezione di alcuni politici, invece di servire il cittadino come dovrebbe.

Sul piano economico, le imprese sono subordinate alla dittatura della finanza ultraliberale di origine americana, e dei grandi gruppi finanziari e industriali che agiscono sotto forma di monopolio, imponendo le loro regole di funzionamento a fornitori e clienti. Il ritorno di investimento a due cifre è diventato un’ossessione, potremmo dire un mito. I nostri dirigenti osano parlarci di ripresa della crescita. La verità è che la crescita, così come l’abbiamo concepita fino ad oggi in Occidente, è terminata. Abbiamo raggiunto il massimo delle nostre possibilità di sviluppo. È necessario orientarci in modo diverso per il futuro. La verità è che abbiamo privilegiato diffusamente il modello di creazione di valore per l’azionista, dimenticando che qualunque impresa o organizzazione si costituisce prima di tutto per creare valore per il cliente. Abbiamo distrutto numerose nostre potenzialità creatrici. In questo senso, (nonostante lo abbiano bene insegnato in tutte le Grandi Scuole che la crisi sistemica sia impossibile), la crisi dei subprimes del 2008 ci ha mostrato i limiti di un sistema che valorizza essenzialmente il successo monetario.

Sul piano sociale, vediamo profilarsi un crescente divario tra le classi ricche e le classi povere. Una tale situazione è terreno fertile per la rabbia e la disperazione. Questi sentimenti non possono avere che due conseguenze: rinunciare a combattere per la vita oppure ribellarsi. La «primavera araba» nei paesi arabo-musulmani, le correnti degli «indignati» in Europa, « Occupy Wall Street » a New York e « Occupy Central » a Hong Kong sono stati, a titolo di esempio, alcune forme di rivolta lasciate fino ad oggi incompiute. In un altro senso, ma sempre in ambito sociale, e anche se questo avrà dei risultati positivi in termini di benessere guardando al futuro, la rivoluzione digitale impone un’accelerazione considerevole del ritmo di vita; dinamica sulla quale le imprese faticano molto a costruire nuovi modelli di gestione che permettano di mantenere un certo equilibrio tra la performance economica e il rispetto dell’essere umano. Non da ultimo, l’aumento dello stress fa crescere esponenzialmente il numero di depressioni.

Sul piano geopolitico, la Cina ha definitivamente intrapreso il cammino verso una leadership mondiale, detenendo più del 30% dei buoni del Tesoro americano. Anche se la Cina sarà attraversata dalle turbolenze di un paese in cui la crescita inizia la sua fase calante, è riuscita a convincere un anno fa, i suoi partners russi, indiani e brasiliani a costituire la Nuova Banca dello Sviluppo, per concorrere strategicamente con il Fondo Monetario Internazionale. Procede ormai nel suo intento che riguarda la colonizzazione finanziaria dell’Occidente, abilmente delineato a partire dall’apertura della Cina al capitalismo agli inizi degli anni ’90, secondo le regole precise dell’arte della guerra. Tuttavia, il rallentamento della sua economia dimostra che non esistono, da un punto di vista di leadership mondiale, degli eroi invulnerabili…

Sul piano della religione, l’ascesa al potere di estremisti radicali di ogni tipo, sottolinea il ritorno del sacro nella sua forma violenta e demoniaca che indica una disperata ricerca di senso dell’essere umano dal punto di vista spirituale. L’Occidente, dal canto suo, ha fatto di una corrente islamica il capro espiatorio. La caduta delle torri del World Trade Center a New York nel 2001 ci ha fatto piombare in un conflitto violento che era latente da secoli. La costituzione di uno Stato islamico potrebbe essere interpretata come la diretta conseguenza della pretesa americana di volere, a qualunque costo, instaurare una democrazia ispirata ad un cristianesimo puritano calvinista e totalitario. In ambito religioso, gli incoscienti collettivi che si svegliano oggi sotto forma di radicalismi, non sono nient’altro che il normale esito della storia. La negazione delle differenze culturali, attraverso la propagazione di un modello universale chiamato globalizzazione, conduce necessariamente alla rivolta identitaria. La globalizzazione è in realtà un effetto dell’attuazione della credenza in base alla quale gli Stati Uniti abbiano la missione di salvare il mondo, secondo un piano divino.  Si tratta di una convinzione che combina religione e capitalismo neoliberale e che ha per obiettivo quello di convincere gli altri Stati che questo sistema sia il rimedio ad ogni male, senza permettere alcuna distinzione sul piano culturale.

Sul piano della difesa, gli americani sorvegliano tutto il pianeta attraverso i programmi della NASA e i loro strumenti mediatici sociali, destinati ad invadere il mercato del villaggio globale. Ci sono delle questioni militari, economiche e di opportunità d’affari di cui solo i cinesi hanno compreso ogni dettaglio, perciò hanno creato i loro propri strumenti digitali di sorveglianza. I russi si sono concretamente raccolti intorno a questo potere. Gli Europei, dal canto loro, sognano beatamente un trattato transatlantico che regolerebbe il problema della difesa cibernetica e della crescita. Da questo punto di vista, l’Europa è divenuta ostaggio degli americani. Questo ci rimanda alla tematica del rispetto del diritto internazionale e delle norme sulla concorrenza, regolarmente ignorate da tutti, come il mercato sa molto bene.

Infine, sul piano ambientale, le nostre fabbriche producono senza sosta prodotti e servizi di cui il marketing si serve per venderci tutto ciò di cui non abbiamo bisogno. Questa produzione incontenibile ha inquinato il pianeta e i nostri cervelli. Nessun accordo sull’attuazione reale e concreta di una politica mirata a ridurre gli effetti negativi delle nostre modalità operative sulla Terra, nessun provvedimento effettivo e realizzabile ad oggi. La conferenza sul clima (COP 21), che si terrà in Francia a fine del 2015, è ad esempio un’opportunità straordinaria per i leaders di dimostrare se hanno il coraggio necessario per cambiare il mondo.

Eppure, nonostante tutto, oltre questo grigio ritratto della realtà, esistono delle eccezionali potenzialità creatrici di sviluppo che emergono tra le persone, nelle piccole comunità. Le nuove generazioni si stanno adattando in modo diverso, non mancano di idee, si accingono a creare un modello operativo che rifiuta, quasi in un richiamo tribale, la globalizzazione. Le reti sociali moltiplicano le possibilità di espansione della conoscenza e del sapere, mobilizzano un’intelligenza collettiva, dei modelli economici collaborativi, sociali e solidali. Alcune imprese creano dei nuovi modelli di leadership etica e responsabile, rispettosi della natura e dell’essere umano. In molti, hanno già con urgenza preso in considerazione una crescita di tipo differente, che rivede l’economia integrando e puntando sulle tecnologie ecosostenibili, sull’imposizione di un prezzo sul carbone e sull’imprenditorialità sociale.  Una parte dell’umanità crede nell’umanità. Ma la maggioranza dei nostri leader attuali, non ci crede. Credono piuttosto nella loro riuscita, nella loro rielezione, nella loro prestazione. Credono al prezzo delle azioni in borsa e si lasciano condurre verso l’avvenire dalla finanza.

Un vero leader non si lascia imporre nulla. Ascolta, inventa, crea, orienta, prende coscienza del fatto che il proprio ruolo è al servizio del destino dell’umanità. Egli disegna un piano di battaglia rivoluzionario, che sente emergere da se stesso, da coloro che lo circondano, dalla sua stessa energia creatrice che gli è donata per servire i cittadini, i suoi impiegati, i suoi simili. La leadership non si improvvisa, si costruisce passo dopo passo, nel confronto tra sé, gli altri e il resto del mondo. La scarsa conoscenza di sé è causa dei principali fallimenti nella leadership. Come si preparano i nostri leader ad affrontare questi tempi di cambiamenti avvenire? Quanto tempo dedicano alla gestione delle loro paure e delle loro angosce esistenziali?

C’è una tendenza generale a credere che la leadership si eserciti attraverso la padronanza della comunicazione. Il modo migliore di comunicare per un leader, in ogni caso, è quello di dire la verità. I loro consulenti in comunicazione direi che non vanno in questo senso. La crescita, così come l’abbiamo vissuta e conosciuta non è più realizzabile. La realtà è che dobbiamo cambiare le nostre abitudini da paesi ricchi, abituati a consumare e sprecare senza alcuna attenzione, continuando ad acquistare oggetti inutili. Come possiamo dare agli altri un senso comune se non l’abbiamo noi stessi? Come possiamo essere al servizio di qualcosa che è più grande di noi, se concentriamo tutte le energie sulla nostra riuscita individuale? Come potremmo mettere in pratica la solidarietà e la lealtà se non sviluppiamo dei modelli di leadership collaborativi e partecipativi? L’Europa è un buon esempio a questo proposito.

Le istituzioni europee costano molto, l’Europa è stata costruita intorno ad un trattato economico che non ha mai considerato una ricchezza l’integrazione delle differenze culturali dei paesi membri, quindi l’Europa non regolerà i problemi degli Stati e tra gli Stati. L’Europa non detiene la leadership sul mondo, sono le banche di investimento, i cinesi e gli americani. Allora che fare? Inventare dei nuovi modelli di leadership che permettano di contrastare il potere di Cina e Stati Uniti. Ma come? Prima di tutto, ridefinendo i valori ispirandosi ad una rilettura dei miti fondatori: la spiritualità greca, egiziana, latina, cristiana, il Rinascimento, l’Illuminismo e il nostro mondo moderno, l’una non deve assolutamente escludere l’altra. Poi, costruendo dei piani d’azione che riprendano il sentiero abbandonato della creazione del valore partenariale il cui modello si iscrive nella relazione intima e vicina al cliente. Ancora, utilizzando tutti i nuovi mezzi di comunicazione necessari alla messa in atto di queste nuove strategie. Infine, e sta qui la parte mancante delle leadership di oggi, lavorando tanto sul piano individuale che collettivo, favorendo dei comportamenti virtuosi coerenti ai nostri valori. Queste attitudini devono essere lontane dall’ossessione per il denaro, dovranno invece poggiare sulla volontà di rimettere il cliente al centro delle organizzazioni, quale unica fonte di creazione di valore. La prestazione economica che ne conseguirà dovrà essere annoverata come il frutto di questa condotta e non lo scopo.

Non è più tempo né per le proposte, né per i negoziati, è tempo di passare all’azione. La leadership non può essere un suggerimento ma una rivolta contro l’ottimismo irrealista. Un vero leader ha la capacità di radunare intorno a sé coloro che sono pronti a seguirlo per considerare una nuova visione del mondo, realizzarla rendendola operativa e ridare così fiducia all’umanità, e in questo contesto all’Occidente. Per ora, riguardo l’argomento appena trattato, emergono ben pochi leader di questo genere. Bergson diceva: «il futuro non è ciò che accadrà ma ciò che faremo», mi faccio e vi faccio questa domanda: cosa faremo? Chi lo farà?

 

 

 

 

 

De paysan à leader mondial

écrit par Emmanuel Toniutti

English version below

Ce remarquable ouvrage « De paysan à leader mondial » nous montre comment les valeurs paysannes sont un solide fondement à la création d’une culture d’entreprise compétitive et différenciante. Il n’est pas une recette mais un témoignage prouvant que les valeurs humanistes peuvent conduire à la mise en place d’un modèle de leadership performant. Il fait la preuve qu’il est possible de devenir un acteur majeur mondial sur un marché tout en rendant l’éthique compatible avec les affaires. Le mot paysan, du latin pagensis, relate une personne appartenant au village ou au canton. Celle-ci vit à la campagne et se satisfait des travaux de la terre, de la culture, de l’élevage. Le paysan ne compte pas son temps. Il met son rythme biologique en adéquation avec la nature qui le nourrit. Il est pleinement conscient que la terre, le soleil et la pluie sont souverains. Ce faisant, il développe une humilité et un pragmatisme certains face à des éléments qui le dépassent. Cependant, il ne renonce jamais, il ne s’avoue jamais vaincu, il travaille dur et apprend du mieux qu’il peut à agir avec mesure et équilibre.

Cet état d’esprit révèle ici une expérience unique en matière de leadership responsable, celle de Bernard Streit, Président de Delfingen, une entreprise familiale dont les mythes fondateurs se situent entre la France et la Suisse alémanique. Une histoire exceptionnelle qui commence avec son père dans les années 1950 par la fabrication de sacs plastiques. Aujourd’hui, Delfingen est leader mondial des équipementiers automobiles spécialisés dans les systèmes de protection, les solutions de transfert de fluides et les technologies d’assemblage.

Le modèle de leadership de Bernard Streit est direct, franc, sans faux-semblants. Il explique ses réussites et ses échecs. Il nous donne quelques secrets fascinants sur la manière de livrer une guerre économique compétitive sans pour autant transiger sur les valeurs humaines. Il nous montre, de manière concrète, que l’éthique est compatible avec le monde des affaires. Il fait la preuve que la culture d’entreprise et le sentiment d’appartenance sont un atout majeur pour affronter les crises. Il convainc que la performance économique est absolument compatible avec la réussite humaine. Ses phrases préférées : « le pire n’est jamais sûr », « ce qui est impossible aujourd’hui peut demain devenir possible ».

Il y a deux ans j’ai eu l’occasion, pour la première fois, de rencontrer Bernard Streit lors de l’animation d’un séminaire pour le comité exécutif de Delfingen. J’ai fait la connaissance d’un homme simple et humble au caractère pourtant rude. Une personne n’ayant pas sa langue dans la poche et disant franchement ce qu’il pense tant sur le plan positif que négatif. Son modèle de leadership : dire les choses, regarder la réalité en face, affronter les problèmes sans détour, ne pas se faire d’illusions sur les mauvaises pratiques des concurrents, maintenir la cohérence entre les valeurs humanistes, la stratégie, l’organisation et les comportements des leaders. Et surtout, ne pas oublier qu’il est nécessaire dans une entreprise de commencer à regarder par le haut. Souvent c’est par les patrons ou les cadres haut placés que débutent les problèmes…c’est souvent ainsi qu’une entreprise fait faillite. Ce sont ces principes qu’il a transmis à son fils Gérald, désormais Directeur Général de Delfingen.

Ce livre nous offre une belle leçon : il n’existe pas de modèle de leadership idéal. Celui-ci se construit à partir des personnes qui ont à conduire les organisations tout en s’adaptant aux clients aux produits et aux cultures. Il existe toutefois des invariants qui font le succès et la pérennité des entreprises : Bernard et Gérald Streit nous prouvent que l’éthique et la responsabilité sont deux piliers sur lesquels les leaders peuvent s’appuyer pour bâtir la réussite de l’entreprise. Mon expérience me permet néanmoins d’ajouter que si nous ne croyons pas en l’être humain, la mise en œuvre d’un tel modèle de leadership est impossible.

 

From farmer to world leader

This remarkable book ‘From farmer to world leader’ shows how the peasant values ​​are a strong foundation for the creation of a competitive and distinctive corporate culture. This book is not a recipe but rather a testimony proving that humanistic values ​​can lead to the establishment of an effective leadership model. It demonstrates that it is possible to become a major global player in one market while making it compatible with ethical business. The word peasant, from the Latin pagensis, refers to a person belonging to a village or township. He lives in the country and has an appreciation for the work of the land, farming and livestock. The peasant, or the farmer in this case, does not count his time. He sets his biological rhythm in keeping with the nature that feeds him. He is fully aware that the earth, sun and rain are sovereign. In doing so, he develops a certain humility and pragmatism in the face of elements that are beyond him. However, he never gives up, he never admits defeat, he works hard and learns the best he can to act with moderation and balance.

This mindset reveals here a unique experience in terms of responsible leadership, that of Bernard Streit, President of Delfingen, a family business whose founding myths lie between France and German-speaking Switzerland. It is an exceptional story that began with his father in the 1950s with the manufacture of plastic bags. Today Delfingen is the world leader in automotive equipment specialized in protection systems, fluid transfer solutions and assembly technologies.

The leadership model of Bernard Streit is direct, frank and without pretense. He explains his successes and failures. He gives us some fascinating secrets on how to deliver a competitive economic war without compromising human values. He shows us, concretely, that ethics are compatible with the business world. He demonstrates that the corporate culture and sense of belonging are a major asset to face the crisis. He argues convincingly that economic performance is absolutely compatible with human fulfilment. His favorite phrases being: « the worst is never certain, » « what is impossible today may tomorrow become possible. »

Two years ago I had the opportunity, for the first time, to meet Bernard Streit whilst giving a talk at a seminar for the executive committee of Delfingen. I made the acquaintance of a simple and humble man yet tough in character. A person not having his tongue in the pocket and frankly saying what he thinks whether positive or negative. His leadership model is to : say things, look reality in the face, face problems frankly, not have any illusions about the bad practices of competitors, maintain consistency between humanist values, strategy, organization and the behavior of leaders. And do not forget that it is necessary in a company to start looking upwards. Often it’s the bosses or senior executives where the problems begin … and it is often like this that a company goes bankrupt. These are the principles he transmitted to his son Gerald, now the Delfingen CEO.

This book offers us a great lesson: there is no ideal model of leadership. It is built from people who have to drive organizations while adapting to customers, products and cultures. However, there are constants that make the success and sustainability of businesses: Bernard Streit and Gerald prove that ethics and responsibility are the two pillars upon which leaders can build business success. However my experience allows me to add that if we do not believe in the human being, the implementation of such a model of leadership is impossible.

 

 

Mondialisation, politique et religion : quel leadership pour demain ?

écrit par Emmanuel Toniutti

English version below

Il y a peu de temps, j’ai été invité à prononcer la conférence de synthèse des Assises Mondialisation, politique et religion : affrontements et perspectives du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS). L’ensemble de cette journée riche en échanges m’a permis d’aller encore plus en avant, au-delà de mes propres expériences à l’international depuis plus de dix ans, dans la compréhension du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Celui-ci évolue à une rapidité exceptionnelle. Les échanges internationaux générés par la globalisation et la mondialisation en accentuent la complexité. Ils ouvrent à des mélanges entre cultures inédits jusqu’alors. Les outils digitaux que nous utilisons désormais au quotidien accroissent le rapprochement des civilisations, des collectivités et des nations. Et pourtant l’individualisme, dans les sociétés, n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui.

Il y a une raison à cela. Le modèle de société dans lequel nous évoluons a été généré par la culture américaine. Celle-ci repose sur un mythe fondateur constitutif de son code génétique : la liberté entrepreneuriale et le bonheur de l’individu. Entreprendre permet de devenir libre et de contribuer à la pleine satisfaction de l’intérêt individuel. Selon cette idéologie, si chaque être humain est libre et heureux alors, par effet de ricochet, tous les êtres humains sont libres et heureux. Ce système de pensée provient directement de la religion chrétienne de confession protestante, de tendance puritaine calviniste, dans laquelle l’individu doit son propre bonheur à son intégrité et à la manière dont il remercie Dieu de l’avoir élu pour l’éternité. Le signe de cette élection se manifeste à travers le fait de gagner beaucoup d’argent. Au fil de l’histoire, une autre communauté religieuse est venue renforcer aux États-Unis cette idéologie : le judaïsme. Le puritanisme calviniste et le judaïsme radicaux partagent un principe commun : l’amas d’argent est le signe de l’élection. Mais pour l’un l’élu est un individu (principe protestant), pour l’autre il est une communauté (principe du judaïsme). J’ai largement exposé les fondements de cette théorie dans mon livre L’urgence éthique. Du point de vue du leadership politique, cela engendre, de manière consciente ou inconsciente, une solidarité de fait entre les États-Unis et Israël.

La stratégie de déploiement de cette idéologie se manifeste à travers deux éléments clés : la finance et le modèle d’affaire de création de valeur actionnariale désormais enseigné dans toutes les écoles de commerce du monde entier.

La finance

Portées par leurs origines puritaines calvinistes et juives, les dirigeants des banques d’affaires américaines ont déployé des systèmes ingénieux et d’une intelligence subtile pour faire de l’argent pour de l’argent afin de démontrer qu’ils étaient les élus. Ces banques vendent des produits financiers structurés artificiels à d’autres banques et aux États en empochant au passage des commissions alimentant leurs propres revenus. Ces produits créent des bulles financières qui engendrent des cracks boursiers sur lesquels ces banques d’affaires empochent un deuxième revenu en vendant à la hausse leurs propres produits structurés sur le marché avant que le crack n’ait lieu. Mais plus encore, elles récupèrent dans cette situation un troisième revenu en pariant sur le fait que le marché va s’effondrer ; dans le jargon financier nous disons qu’elles font du shorting, c’est-à-dire qu’elles jouent contre le marché. Ces systèmes s’autoalimentent et génèrent des fortunes financières considérables pour un petit nombre d’élus. Les films Margin Call et L’argent ne dort jamais, écrits et réalisés respectivement par J. C. Chandor et Oliver Stone, évoquent parfaitement ce mécanisme.

Le modèle d’affaire de création de valeur actionnariale

Afin d’être reconnue comme des écoles de commerce sérieuses entrant dans les standards de haute qualité, celles-ci sont obligées de passer par l’accréditation américaine ACCSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) imposée par les États-Unis dans le monde entier. Pour obtenir cette accréditation, les écoles de commerce doivent être en mesure, entre autres, de démontrer que leur corps enseignant se compose d’un pourcentage important de professeurs docteurs (Ph.D.). Ceux-ci sont formés, en règle générale, à enseigner le modèle d’affaire de la création de valeur actionnariale pour lequel l’objectif de l’entreprise est de faire du profit afin de rémunérer le plus fortement possible l’actionnaire sur le court terme. Les fonds de pension américain fonctionnent selon cette logique et tous nos futurs dirigeants sont formés à cette idéologie dite ultralibérale ou néolibérale.

Chaque fois qu’un crack se produit, chaque fois que des entreprises cotées versent des milliards de dividendes aux actionnaires, la haine des peuples grandit envers le capitalisme ultralibéral. Les riches s’enrichissent, le nombre de pauvres s’accroît, la classe sociale moyenne voit son pouvoir d’achat diminuer, les intégrismes religieux se radicalisent et la violence augmente. Par le vaste effet de mondialisation qu’il engendre,  ce modèle économique, politique et religieux tend à vouloir homogénéiser les cultures. En niant les différences culturelles, il les renforce. Il contribue naturellement à en faire émerger les extrémismes politiques et religieux. Nous vivons donc sous un régime de dictature économique. Comment pourrions-nous en sortir ? En favorisant l’émergence de modèles de leadership adaptés aux différentes cultures composant notre civilisation.

Le modèle d’affaire de création de valeur partenariale

L’une des manières de sortir de cette dictature serait de stopper l’hégémonie mondiale du modèle d’affaire de création de valeur actionnariale. Il consisterait en un contre modèle dont l’objectif serait de créer de la performance économique sans pour autant transiger sur la réussite humaine. Il serait respectueux des différences culturelles, il s’appuierait sur elles pour générer de la richesse innovante et durable. Il s’agit du modèle de création de valeur partenariale dans lequel actionnaires, clients, employés et fournisseurs sont des parties prenantes co-solidaires les unes des autres. En ce sens, il appelle à répartir entre elles la richesse de l’entreprise de manière équitable. Professeur de management à Harvard, Mickael Porter l’appelle la valeur partagée. De mon point de vue, ce modèle pourrait être, pour le futur, l’antidote à l’obsession de l’argent et à la colonisation financière de l’Occident par la Chine. Pour ma part, je l’appelle le leadership de l’amour. Il s’enracine dans les mythes fondateurs de l’Occident. J’ai en effet démontré dans mon dernier livre comment mettre en pratique un modèle de leadership performant qui soit cohérent avec notre histoire et respectueux de toutes les parties prenantes de l’entreprise et de la société en général. Ce respect s’enracine dans l’amour. Il a quelque chose de sacré. Il nous dépasse mais pourrait nous permettre de créer les nouveaux océans bleus de demain. Il propose une réponse sérieuse à la question du leadership du futur pour faire en sorte que mondialisation, politique et religion s’accordent ensemble dans le but de servir et préserver notre humanité.

 

 

 Globalization, politics and religion: Which mode of leadership for tomorrow ?

 Not so long ago, I was invited to deliver the summary lecture at the Superior Council of Training and Strategic Research (CSFRS) conference on Globalization, politics and religion: clashes and perspectives. This whole day of rich exchange and discussion allowed me to go further forward, even beyond my own experience abroad these last ten years, in understanding the world in which we live today .

It evolves at exceptional speed. International exchanges generated by globalization and worldwide trading increase its complexity. They open up to mixtures between cultures never seen before. Digital tools we now use every day increase the

rapprochement of civilizations, communities and nations. Yet individualism in society, has never been stronger than today.

There is a reason for this. Today’s model of society has been generated by American culture. This is based on a constitutive founding myth of its genetic code: entrepreneurial freedom and individual happiness. Being enterprising allows one to become free and to contribute to the full satisfaction of individual interest. According to this ideology, if every human being is free and happy then by ripple effect, all human beings are free and happy. This system of thought comes directly from Protestant Christianity, a Puritan Calvinist trend, in which the individual owes his happiness to his integrity and to how he thanks God for his election for eternity. The sign of this election is manifested through the fact of earning lots of money. Throughout history, another religious community has strengthened the United States in this ideology: Judaism. The Calvinist Puritanism and radical Judaism share a common principle: the pile of money is the sign of one’s worth for the election. But for one the elected is an individual (Protestant principle), and for the other a community (principle of Judaism). I largely exposed the foundations of this theory in my book The Urgency of Ethics. From a political leadership perspective, this generates, consciously or unconsciously, a certain solidarity between the United States and Israel.

The deployment strategy of this ideology appears through two key areas: finance and the model of shareholder value in business set ups now taught in all business schools worldwide.

Finance

Buoyed by their Calvinist and Jewish puritan origins, leaders of US investment banks have deployed ingenious and clever systems in order to make money for money’s sake to demonstrate their  worth as the elected, the chosen ones. These banks sell artificial structured financial products to other banks and states and, in turn, pocket commissions to feed their own income. These products create asset bubbles that create cracks in the stockmarket in which the investment banks are pocketing a second income by selling at a higher price their own structured products on the market before the crack occurs. But moreover, they recover in this situation a third income by betting on the fact that the market will collapse; in financial jargon we say that they are shorting, that is to say, they play against the market. These systems are self-reinforcing and generate considerable financial fortunes for a select few. The movies Margin Call and Money never sleeps, written and directed by JC Chandor and Oliver stone, respectively, demonstrate this mechanism perfectly.

The business model creating shareholder value

To be recognized as serious business schools fitting in with high quality standards, they are forced to go through the American Accreditation ACCSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) imposed by the United States in the entire world. For accreditation, business schools must be able, among others, to demonstrate that their faculty is composed of a large percentage of doctors professors (Ph.D.). These are formed, as a rule, to teach a business model which creates shareholder value where by which the company’s objective is to make profit to remunerate as much as possible its shareholders in the short term. The US pension funds operate according to this logic and all our future leaders are trained in this ideology called ultraliberal or neo-liberal.

Whenever a crack occurs, whenever listed companies pay billions of dividends to shareholders, peoples’ hatred of ultraliberal capitalism grows. The rich get richer, the number of poor grows, the middle classes see their purchasing power decline, religious fundamentalism are radicalized and violence increases. Through the vast impact of globalization it brings about, this economic, political and religious model tends to homogenize cultures. Denying cultural differences, it strengthens them. It naturally helps to bring out the political and religious extremism. We live under an economic dictatorship. How can we get out of it? By fostering the emergence of leadership models adapted to the different cultures that make up our civilization.

The business model creating stakeholder value

One way out of this dictatorship would be to put a stop to the global hegemony of business models that create shareholder value. It would be a counter model whose goal would be to create economic performance without compromising human achievement. It would respect cultural differences, it would rely on them to generate innovative and sustainable wealth. This is the stakeholder value creation model in which shareholders, customers, employees and suppliers are co-supportive stakeholders between themselves. In this way, the company’s wealth would be shared fairly. Professor of management at Harvard, Michael Porter calls this shared value. From my point of view, this model could be for the future, the antidote to the obsession with money and financial colonization of the West by China. For my part, I call it the leadership of love. It is rooted in the founding myths of the West. Indeed, I have demonstrated in my last book how to practice a model of effective leadership  that is consistent with our history and respectful of all stakeholders of the company and society in general. This respect is rooted in love. There is something sacred about it. It is somewhat beyond us, but could allow us to create the new blue oceans of tomorrow. It offers a serious answer to the question of a future leadership model to ensure that globalization, politics and religion come together in order to serve and preserve our humanity.

2015 Le leadership de l’amour

Ecrit par Emmanuel Toniutti

English version below
Versione italiana sotto

Pour vous souhaiter une belle et heureuse année, j’aimerais vous présenter le thème de mon dernier livre Le leadership de l’amour. Il s’agit d’un défi audacieux car il s’avère sans doute difficile à pratiquer dans l’entreprise et dans la vie de tous les jours. En effet les mots « leadership » et « amour » ne s’associent pas naturellement mais leur combinaison offre la possibilité de développer un nouveau modèle de leadership qui répond aux exigences de notre temps. Le tout début des années 1990 a marqué la fin du management sans affect enseigné dans les Écoles. Puis, apportant une nouvelle pierre à l’édifice théorique du leadership, les modèles visionnaire, charismatique, participatif, transformationnel et transactionnel ont donné à voir une nouvelle vision sans pour autant permettre vraiment de prendre en considération leur impact sur la double performance économique et humaine de l’entreprise. Il n’en demeure pas moins que de nombreux éléments précieux de ces théories sont à préserver. Mais la dimension de l’amour nous convie à leur dépassement.

Le leadership consiste, d’une part, à « mener » et « conduire » une équipe en lui transmettant de l’enthousiasme, de l’optimisme et une vision claire de là où il faut aller. Le leader a donc pour mission de faire adhérer les personnes aux objectifs à atteindre en développant de la confiance. Le leadership incite, d’autre part, à décider. Le verbe « décider » vient du latin decidere et caedere qui signifient respectivement « trancher » et « couper ». Toute décision implique ainsi une rupture entre un avant et un après dans lequel le leader détermine, fixe et décrète un nouvel objectif à atteindre. Toutes les personnes impliquées dans cette décision ne se trouvent pas forcément en adéquation avec celui ou celle qui décide. Certaines personnes ont l’impression de perdre de nombreux avantages acquis et d’autres de gagner de nouveaux champs d’opportunités inespérés. Le leader a pour mission de maintenir un équilibre émotionnel favorable à la performance. Pour ce faire, il doit prendre en considération les émotions négatives de chacun afin d’éviter que celles-ci viennent parasiter la mise en œuvre des plans d’actions opérationnelles nécessaires à la performance et s’appuyer sur les émotions positives.

L’amour incite à partager. Le mot « amour » vient du latin amor, il signifie « affection ». Il s’agit d’un sentiment d’attachement, d’amitié et de tendresse pour quelqu’un. Celui-ci conduit à développer des relations pouvant conjuguer le don de soi (« savoir donner ») et la capacité à recevoir ce don (« accepter de recevoir »). Mais nous ne sommes pas tous égaux sur ce point. Beaucoup de personnes savent donner mais n’acceptent pas de recevoir ; d’autres savent recevoir mais ne donnent jamais ou très peu. L’amour, dans tous les cas, peut se définir comme la capacité à partager et écouter les émotions universelles qui se trouvent en nous telles que la joie, la colère et la tristesse. C’est à mon avis le grand changement auquel appelle le leadership de l’amour. Il nous interroge sur notre capacité de leader à prendre en charge nos propres émotions et celles des autres sans perdre de vue l’objectif à atteindre. Cela pour passer de la méfiance naturelle à la confiance.

Appliqué au champ du leadership, l’amour nous pose ainsi des questions déroutantes : ressentons-nous au fond de nous le désir de nous aimer tels que nous sommes en tant que leader mais également en tant que personne ? Avons-nous vraiment envie d’aimer nos clients, nos collaborateurs, nos fournisseurs, nos actionnaires, nos amis tels qu’ils sont ? Le leadership de l’amour nous interpelle ainsi sur les motivations qui nous poussent à aimer non seulement l’autre mais nous-mêmes. Il pose donc la problématique de l’identité : qui suis-je vraiment ? Suis-je en adéquation avec moi-même ? Qui est réellement l’autre ? Est-ce que j’accepte les autres tels qu’ils sont ? Développer sa capacité à s’aimer soi-même sans faux semblant et à aimer les autres pour ce qu’ils sont décuple des suppléments d’humanité conduisant à la performance économique. Quand les personnes se sentent respectées et prises en considération pour ce qu’elles sont, elles développent naturellement une énergie positive engageante, tournée vers le succès. Nous avons tout à chacun à grandir dans la rencontre des autres.

La thèse défendue dans mon livre consiste à affirmer que le leadership de l’amour est possible si, et seulement si, nous avons personnellement abordé la question de l’angoisse existentielle. C’est le pas supplémentaire que devront faire les leaders du futur sur eux-mêmes pour faire face aux grands changements qui s’annoncent dans la mutation de civilisation que nous sommes en train de vivre : internationalisation, multi culturalité, demande de sens spirituel, accélération considérable du rythme de vie…Ces changements sont source de pression et sous stress, l’angoisse se manifeste essentiellement à travers deux mécanismes dans les comportements humains : la lâcheté et la témérité. Dans Éthique à Eudème, Aristote faisant l’éloge du courage écrit : « Le lâche croit que ce qui n’est pas à craindre l’est, le téméraire garde confiance devant ce qui est à craindre ». Le leader ne peut être ni lâche, ni téméraire. L’amour le conduit au courage de s’affronter à la réalité et la vérité de soi, mais aussi à celle des autres et des contextes dans lesquelles il doit conduire ses affaires. De manière universelle, tous les êtres humains connaissent la même angoisse, il s’agit de celle de la mort. Mais ils se différencient par leurs craintes. Le leadership de l’amour nous interpelle à ce sujet : sommes-nous vraiment conscients des peurs qui nous animent pouvant parasiter nos décisions ? Sommes-nous leader de nos peurs et de notre stress ? Aucune École ne prépare à la connaissance de soi nécessaire à la définition de son propre modèle de leadership et de celui des autres. Le leadership de l’amour a quelque chose d’universel car il convie les leaders à adapter des modèles de leadership différents en fonction des personnes, des cultures et des métiers de l’entreprise afin d’être performant dans la durée.

Le leadership de l’amour nécessite donc le courage de conduire, de décider et d’aimer au-delà même du fait que notre décision pourrait nous faire apprécier, détester ou haïr. Toute décision engendre de l’espérance et de la frustration. Il s’agit du paradoxe devant lequel se trouve le leader. L’amour l’incite à prendre en considération la souffrance et l’enthousiasme que peuvent engendrer sa décision et sa manière d’aborder les problèmes à résoudre. Il le convoque face à lui-même, face à sa responsabilité d’humanité. Mon expérience de l’accompagnement des directions générales sur ce sujet me conforte dans le fait que le leadership de l’amour est une réponse pragmatique aux préoccupations économiques, sociales et politiques de notre temps.
En ce sens, pour apporter des éléments concrets aux problématiques du leadership, une partie de mon approche est consacrée à la question du courage autour des problématiques de l’angoisse et des peurs de l’être humain ; ainsi que la correspondance intime entre courage et amour et leurs implications opérationnelles autour des modèles de leadership mis en place par nos clients dans leurs entreprises.

Le monde dans lequel nous vivons nous questionne sur le sens que nous avons à donner à notre vie mais aussi à la vie de l’entreprise que nous dirigeons, il ne fait pas de doute pour moi que le leadership de l’amour sera un antidote sérieux, en cette matière, pour le salut de l’Occident dans le futur.

2015: the leadership of love

To wish you a grand and happy new year, I would like to propose my latest book Le leadership de l’amour. This is a bold challenge as it’s no easy task to practise in business and in everyday life. Indeed, the words « leadership » and « love » do not naturally go together but their combination provides the opportunity to develop a new model of leadership to meet the needs of our time. The early 1990s marked the end of emotionless management taught in schools. Then, bringing forth a new stone to leadership’s theoretical edifice, visionary, charismatic, participative, transformational and transactional models enabled us to see a new vision without really considering their impact on both the economic and human performance of the company. The fact remains that many valuable elements of these theories are to be preserved. But the dimension of love invites us to go beyond that.

Leadership means, on one hand, to « lead » and « drive » a team by transmitting enthusiasm, optimism and a clear vision of where we need to go. It is the leader’s task to stand strong by these objectives by developing trust. Leadership, on the other, incites decision. The verb « decide » comes from Latin decidere and caedere which respectively mean « decide » and « cut ». Any such decision implies a break between a before and an after in which the leader determines, sets and decrees a new goal. Everyone involved in this decision is not necessarily found to be in line with he who decides. Some people have the impression of losing numerous advantages while others may see themselves as winning new fields of unexpected opportunities. It is the leader’s job to ensure and maintain a favorable emotional balance regarding performance. To do so, he must take into account the negative emotions of each one in order to prevent them becoming parasite to the implementation of operational action plans needed for performance and at the same time build on positive emotions.

Love encourages sharing. The word « love » comes from the Latin amor, it means « affection. » It is a sense of connection, friendship and tenderness for someone. This leads to the development of relationships which can combine the gift of self (« to know how to give ») and the ability to receive this gift (« agree to accept »). However we are not all equal on this point. Many know how to give but do not accept to receive; others know how to receive but never give or if anything, very little. Love, in any case, can be defined as the ability to share and listen to the universal emotions found within us such as joy, anger and sadness. This is in my opinion the great change which calls for the leadership of love. This calls us to question our ability as a leader to take charge of our own emotions and those of others without losing sight of the goal. This being to go from natural distrust to trust.

Applied to the field of leadership, love asks some puzzling questions: do we feel within us the desire to love ourselves as we are as a leader, but also as a person? Do we really want to love our customers, our employees, our suppliers, our shareholders, our friends as they are? The leadership of love calls us to question our motives that drive us to love not only others but also ourselves. It raises the issue of identity: Who am I really? Am I aligned with myself? Who is truly the other? Do I accept others as they are? Developing the ability to love oneself without pretense and loving others for who they are multiplies the supplements of humanity leading to economic performance. When people feel respected and considered for what they are, they naturally develop an engaging positive energy, which turns towards success. We, each and everyone of us, grow through meeting others.

The thesis of my book is to say that the leadership of love is possible if, and only if, we have personally broached the question of existential anguish. This is another step that future leaders will have to make on their own to cope with major changes ahead in the civilization’s transformation that we are experiencing today: globalization, multiculturalism, a need for spiritual sense, a considerable acceleration in the pace of life … These changes are a source of pressure and under stress, anxiety occurs primarily through two mechanisms in human behavior: cowardice and rashness. In Eudemian Ethics, Aristotle praising courage wrote: « The coward has too much fear, or fear when he should have none. The rash remains confident in front of what is to be feared. » The leader can be neither cowardly nor rash. Love leads to the courage to face reality and self-truth, but also that of others and of the contexts in which he conducts its business. Universally, all human beings experience the same anxiety, that being death. But they differ in their fears. The leadership of love questions this: are we really aware of the fears that drive us can parasitize our decisions? Do we lead our fears and our stress? No School prepares an understanding of self-knowledge required to define ones own model of leadership and that of others. The leadership of love is universal as it invites and enables leaders to adapt different leadership models based on the people, cultures and company functions to be successful in the long term.

The leadership of love thus requires the courage to lead, to decide and to love even beyond the fact that our decision could make us appreciated, disliked or hated. All decisions create hope and frustration. This is the paradox the leader has to face. Love encourages the leader to consider the suffering and enthusiasm which can lead to a decision or the way one tackles a problem. It makes him face himself and his responsibility to humanity. My experience of accompanying management committees comforts me in that the leadership of love is a pragmatic response to the politic, social and economic concerns of our time.
In this way, and to provide concrete evidence to the issues of leadership, part of my approach is devoted to the question of courage around the issues of anxiety and fear of the human being; and the intimate correspondence between courage and love and their operational implications around leadership models developed by our customers in their businesses.

The world in which we live questions us on the meaning we give to our life but also to the life of the businesses we lead, there is no doubt to me that the leadership of love is a serious antidote for the salvation of the West in the future.

2015 : la leadership dell’amore

Per augurarvi un felice anno nuovo, vorrei qui presentarvi l’argomento del mio nuovo libro
Le leadership de l’amour. Si tratta di una sfida piuttosto ambiziosa poiché è evidentemente difficile da mettere in pratica sia nelle imprese che nella vita di tutti i giorni. Le parole “amore” e “leadership” non si associano naturalmente, ma la loro combinazione offre la possibilità di sviluppare un nuovo modello di leadership che risponde alle esigenze dei nostri tempi. I primi anni 90 hanno segnato la fine del management senza emozione insegnato nelle Scuole. Inoltre, mettendo un nuovo mattone sull’edificio teorico della leadership, voglio dire che nonostante i modelli visionari, carismatici, partecipativi, di trasformazione e transazionali abbiano mostrato una nuova visione, non hanno tuttavia permesso veramente di prendere in considerazione il loro impatto sulla doppia performance – economica e umana – dell’impresa. Resta il fatto che molti elementi preziosi di queste teorie sono comunque da preservare; ma la dimensione dell’amore ci invita a superarli, ad andare oltre.
La leadership consiste, da una parte, a “portare” e “condurre” un gruppo trasmettendo dell’entusiasmo, ottimismo e una visione chiara dell’obiettivo che si vuole raggiungere; dove il leader ha dunque la missione di far aderire le persone agli scopi da perseguire sviluppando fiducia. D’altra parte, il leader, incoraggia a decidere. Il verbo “decidere” viene dal latino decidere, der. di caedare, che significano troncare e tagliare. Ogni decisione, implica quindi una rottura tra un prima e un dopo in cui il leader determina, fissa e decreta un nuovo obiettivo da raggiungere. Tutte le persone implicate in questa decisione non si trovano necessariamente in sintonia con colui o colei che decide. Alcune persone avranno l’impressione di perdere molti vantaggi che avevano acquisito e altre invece di guadagnare nuove opportunità inaspettate. Il leader ha la missione di mantenere un equilibrio emotivo favorevole alla performance. Per fare ciò, deve tenere in considerazione le emozioni negative di ciascuno, per evitare che queste ultime possano influenzare negativamente l’attuazione dei piani di azione operativi necessari al risultato dell’azienda, appoggiandosi e sostenendo al contrario le emozioni positive.

L’amore spinge a condividere. La parola amore viene dal latino amor che significa “affetto”. Si tratta di un sentimento di attaccamento, di amicizia o tenerezza per qualcuno. Questo conduce a sviluppare delle relazioni che possano coniugare il dono di sé (saper donare) e la capacità di ricevere questo dono (accettare di ricevere). Ma non siamo tutti uguali a questo proposito. Molte persone sanno dare ma non accettano di ricevere; altre sanno ricevere ma non danno quasi mai o molto poco. L’amore in ogni caso, può definirsi come la capacità di condividere e ascoltare le emozioni universali che si trovano in noi, quali che siano la gioia, rabbia o tristezza. Questo è secondo me il grande vero cambiamento a cui siamo chiamati dalla leadership dell’amore. Ci interroga sulla nostra capacità di leader di farci carico delle nostre emozioni e di quelle degli altri, senza però perdere di vista il traguardo; passando naturalmente dalla diffidenza alla fiducia.
Applicato al campo della leadership, l’amore ci pone così delle domande ardue e inevitabili: sentiamo dentro di noi il desiderio di amarci come siamo, in quanto leader ma anche come persone? Abbiamo davvero voglia di amare i nostri clienti, i nostri collaboratori, i nostri fornitori, azionari o amici così come sono? La leadership dell’amore ci interpella quindi sulle motivazioni che ci spingono ad amare, non soltanto l’altro, ma prima di tutto noi stessi: pone perciò la problematica dell’identità, chi sono veramente? Sono in coerenza con me stesso? Chi è davvero l’altro? Accetto gli altri come sono? Realizzare la propria capacità di amare se stesso senza fingere e amare gli altri per ciò che sono, permette un tale aumento di umanità che conduce alla performance economica. Quando le persone si sentono rispettate e tenute in considerazione per quelle che sono, sviluppano naturalmente un’energia positiva, coinvolgente e volta al successo. Tutti possiamo crescere nell’incontro con l’altro.

La tesi difesa nel mio libro consiste ad affermare che la leadership dell’amore è possibile se, e solo se, abbiamo personalmente affrontato la questione dell’angoscia esistenziale. È il passo ulteriore che dovrebbero fare i leader del futuro su loro stessi per poter fronteggiare i grandi cambiamenti che si annunciano in questo mutamento di civilizzazione che stiamo vivendo: internazionalizzazione, multi culturalismo, richiesta di spiritualità, accellerazione importante del ritmo della vita… questi eventi sono fonte di pressione e sotto stress , l’angoscia si manifesta attraverso due meccanismi nel comportamento umano: la vigliaccheria e la temerarietà. Nell’ Etica a Eudemo Aristotele, elogiando il coraggio, scrive: “Il vigliacco crede di dover temere ciò che non deve, il temerario ha fiducia in ciò che dovrebbe temere”. Il leader non può essere né l’uno né l’altro. L’amore lo conduce al coraggio nell’affrontare la realtà e la verità di se stesso, ma anche di quella degli altri, e dei contesti in cui si trova a condurre gli affari. In maniera universale, tutti gli esseri umani conoscono la stessa angoscia, è quella della morte. Ma si differenziano per le loro paure. La leadership dell’amore ci interroga a questo proposito: siamo coscienti delle paure che ci abitano e che possono condizionare le nostre decisioni? Siamo leader delle nostre paure e del nostro stress? Nessuna Scuola prepara alla conoscenza di sé e degli altri necessaria alla definizione del proprio modello di leadership. La leadership dell’amore ha un contenuto universale perché porta i leader ad adattare dei modelli di leadership diversi in base alle persone, alle culture e al terreno su cui si muove l’impresa, al fine di essere efficiente sul lungo termine.

La leadership dell’amore necessita dunque il coraggio di condurre, decidere e amare al di là del fatto che la nostra decisione possa essere apprezzata, detestata o odiata. Ogni decisione fa nascere della speranza e della frustrazione. Si tratta di un paradosso davanti al quale si trova il leader. L’amore invita a prendere in considerazione la sofferenza e l’entusiasmo che possono generare dalla sua decisione e dal suo modo di fare fronte ai problemi. Guarda direttamente queste emozioni, le pone di fronte alla propria responsabilità sul piano umano. La mia esperienza nell’accompagnamento delle direzioni generali su questo tema, mi conforta nel fatto che la leadership dell’amore è una risposta pragmatica alle preoccupazioni economiche, sociali e politiche del nostro tempo.
In questo senso, per conferire elementi concreti alle problematiche della leadership, una parte del mio approccio è consacrata alla dimensione del coraggio intorno all’angoscia e alle paure dell’essere umano; così come il legame intimo tra il coraggio e l’amore e le implicazioni operative che ne derivano, all’interno dei modelli di leadership messi in opera dai nostri clienti nelle loro imprese.
Il mondo in cui viviamo ci pone di fronte a delle questioni sul senso che dobbiamo dare alla nostra vita, ma anche alla vita dell’azienda che dirigiamo, non ho alcun dubbio che la leadership dell’amore sia un antidoto incisivo e determinante per la salvezza dell’Occidente nel futuro.